I Lj. LA REVUE SOCIALISTE Cette rareté de chaque chose décroît pour nous à mesure que nous la consommons. Plus on mange, moins on a faim, plus on boit, moins on a soif. i\I. \Valras démontre qu'un échangeur qui transforme les uns dans les autres quelques biens économiques atteint le maximum d'utilité, quand les raretés de ces biens sont proportionnelles à leurs prix. Cc principe (auquel il faut ajouter une autre condition encore : celle de l'équivalence des quantités offertes et d~s quantités demandées de diverses marchandises à ces prix) suffit pour déterminer l'équilibre de l'échange d'un nombre quelconque de marchandises entn.: un nombre quelconque d'échangeurs. Déjà Gosscn (185.f) et Je\'Ons ( 1862) se sont occupés du même problème, m:iis n'en considéraient que des cas p:irticuliers. 1'1. \\.airas l'a élargi et lui a donné sa forme la plus générale, celle qui reflète pleinement la réalité. En outre, il a fait connaitre la merveilleuse fécondité du principe ou théorème susmentionné qu'on considère .\ juste titre comme analogue en économique aux équations de d'Alembert et de Lagrange en mécanique. Après la théorie de l'échange vient celle de la prod11clio11, qui considère les marchandises comme résultant de la combinaison de servicesprod11cteurs entre eux. Dans cette partie, on détermine les prix ainsi que les quantités de produits et de services producteurs. :\I. \\.airas introduit ici la conception de l'entrepreneur qui ne fait ni gain ni perte. Le principe dominant dans cette partie, c'est que le coût de production et le prix de vente tendent à dcn:nir égaux sous l'action de la concurrence. On nomme CO<'(!ici,•11d/es {llbricatio11 les quantités de ser\'ices producteurs nl'.:cessaires pour obtenir l'unité du produit. Ensuite vient la lh/orfr dt' la capillllisatio11. L'épargne fournit des quantités de richesse qui sont transformées en capitaux. Si du prix du service de ces capitaux on déduit les frais d'assurance, d'amortissement, etc., ce qui reste est l'intérêt. M. \\'airas démontre que le maximum d'utilité s'obtient, quand cet intérêt est le même pour tous les capitaux. Les capiuux peu,·e11t-ètre considén:s comme des produits dont l'utilité est ccl~e des scn·ices qu'ils rendent. La théorie de la capitalisation e~t ain~i ramenée ;l un cas particulier de la théorie de la production. Ici on détermine les prix des capitaux neufs, ceux des capitaux existants et les quantités de capitaux neufs fabriqués. En réunissant toutes ces théories (de l'échange, de la production, de la capitalisation) on obtient la théorie générale de l'équilibre économique. Elle est presque exclusi,-ement l'œuvrc de :'II. \\'airas. Elle démontre rigoureusement que sous le régime hypothétique de libre concurrence la société atteint le maximum d'utilité. :Maintenant il faut se dcmander jusqu'à quel point cette hypothèse de libre concurrence se réalise dans la vie sociale actuelle. Ici M. \Valtras introduit quelques restrictions au principe. Il fait une distinction entre les besoins individuels, ou l'utilité privée, que le consommateur est apte à apprécier, et les besoins sociaux, ou l'utilité publique, qui s'apprécie d'une toute autre manière. La libre concurrence n'est donc pas applicable ;\ la production des choses d'intérêt public. Cela laisse une porte largement ouverte à l'intervention de !'État dans la vie économique. D'un autre côté, en considérant la terre comme un monopole naturel,
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