La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

REVUE DES Ll\ïŒS REVUE DES LIVRES Éléments d'économie politique pure, par Léon WALRAS. 3 édit. 1896. Paris-Lausanne, Rouge, éditeur. I 1 3 La nouvelle édition des É/Jm:11/sd'éco11011p1oielitiqu,i pure de M. Walras contient un appendice qui traite de quelques questions d'un caractère spécial. Le reste du livre est la réédition d'un ouvragc ( r) malheureusement encorc trop peu connu dans lc grand public. En voici une esquisse : L'économie politique pure est la théorie de la détermination des prix sous un régime bypot/u!tique de libre concurrence absolue. Les choses susceptibles d'avoir un prix doivent être rnres, c'est-à-dire à la fois 11/ih-s (dans le sens subjectif du mot) et limitées en quantité. Parmi ces choses, M. Walras distingue les capitaux ou les biens économiques qui servent plusieurs fois et les re-venus qui ne servent qu'une seule fois. Les capitaux se 'divisent en trois grandes classes : les capitaux fonciers, mobiliers et pcrsonncls (les personnes). Les revenus comprennent : les objets de consommation, les matières premières _et les Sel'vices, le plus souvent immatériels de capitaux, c'est-à-dire leurs usages successifs. Les services qui ont une utilité directe, appréciable pour la personne qui en dispose, s'appellent servicesco1,so11111111/Jles. Ceux qui n'ont qu'une utilité indirecte - servicesproducteurs. Par la théorie d'écbn11ge (section II), M. Walras détermine les prix des objets de consommation et des services consommables; par la théoriede la production -( section III), ceux des matières premières et des services producteurs; par la théorie de la capitnlisntiou - (section IV), ceux de capitaux. Voici comment. Pour déterminer les prix des choses (matérielles ou immatérielles) qui ont une utilité propre, M. \Vàlras introduit une nouvelle conception qu'il nomme rnreti et que d'autres auteurs appellent degré final d'utilité, intensité du dernier besoin satisfait, utilité élémentaire, etc. C'est l'utilitt'.: réduite à l'unité d'une très petite quantité d'une chose ajoutée à la quantité dont on a déjà joui. Ainsi, par exemple, pour un homme qui a déjà bu un verre de vin, l'utilité d'une nouvelle gorgée de vin, divisée par le poids de cette gorgée (réduction à l'unité) sera la rareté qui correspond à un verre de vin (2). (r) L'auteur en a retranché quatre leçons de théorie appliquée de la monnaie. (2) Strictement parlant, c'est la dériv~c de l'utilité par rapport il la quantité. 8

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