La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE CHRONIQUE MUSICALE SUR L'ÉDUCATION MUSICALE Il est indéniable que, depuis un quart de siccle au moins, la Musique digne de cc nom s'est conquis, en France, une place prépondérante parmi les préoccupations intellectuelles du public. A cela, je l'ai déjà dit ici même (1), il y a pour prcmicre cause la diffusion de l'éducation musicale; puis la grande curiosité provoquée par les drames wagnériens et les grandes œuvres de Berlioz, les uns et les autres si longtemps inconnus ou méconnus dans notre pays. C'est sur l'éducation musicale que je voudrais faire aujourd'hui quelques observations. Et d'abord, comment, et i qui, enseignc-t-on la musique? Dans les écoles primaires, l'étude de la musique vocale fait plus ou moins partie des programmes, au même titre que le dessin ou la gymnastique. C'est dire qu'on y attache assez peu d'importance; on apprend aux enfants avec beaucoup de peine à lire les sept notes de la gamme et i distinguer, après beaucoup d'efforts, la clef de sol de la clef de fa. On n'a guère le loisir de pousser plus loin, et de leur faire essayer à déchiffrer à première vue la mélodie la plus simple. Dans les établissements d'enseignement secondaire, - lycées et collcges de l'État, - l.i Musique, sous quelque forme que ce soit, n'a jusqu'à présent jamais fait partie des programmes. Ceux-là seuls qui ont les moyens de s'offrir des répétitions particulières, peuvent y apprendre piano, violon, ou tout autre instrument à leur convenance (ou plutôt à celle de leurs parents); et, au bout de plusieurs années d'études, faites bien souvent à contre-cœur, ils parviennent ordinairement à jouer de façon à peu prcs correcte tel ou tel morceau (1) Voir la Revue Socialiste du 15 avril dernier.

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