La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

2 LA RE\'UE SOCIALISTE amis les anarchistes, et je Jéplorc a\'ec lui que la Jiscussion des idées <légénérc trop sou\'cnt en disp~tc aigre et bru.~al_c.J'e~~é_rc_qu'il, ,·c~1t bien ne pas rnc compter panrn ces Lrnceurs d 1n1ures. J a1 d1scutc tres franchement ses thfories comme celles <le M:--1. Sl'.:bastien Faure et Jean Gra,·c; je n'ai jamais manqué;\ l.1 courtoisie qu'on doit à des advers,1ireshonnêtes et con\'aincus. En fait d'injures, je ne trouYc, pour cc qui me concerne, que celles dont j'ai l'.:tcmoi-même gratifié. La Rrvol!e, en 1893, m'empruntant pour le reproduire un fragment <l'un <lemes romans, profita <lel'occasion pour m'appeler« bourgeois repu>), et je crois bien me souYenir qu'elle Youlut Yoir en moi un jeune homme (ce qui me flattait) ven:i.nt au socialisme, parce que le socialisme était, parait-il, :'t la mode (cc qui était moins flatteur, mais heureusement peu conforme .'t mon passé <l'exile). Récemment ( r) la Rm11issa11cc, une autre revue anarchiste, a trouvé mieux. Je ne sais quel homonyme ;\ moi a,·ait je ne sais où frappé je ne sais qui; anssitôt paraissait l'entrefilet sui,·ant : « Georges Renard (le rédacteur de l.1 PetiteRclp11bliq11e, croyons-nous) a donné un coup de couteau dans la joue d'un Je ses ,·oisins. La Yictirnc Ju journaliste soci:'llistc( croyons-nom) est:\ l'hôpital Tenon (ça, nous en sommes sùrs). >) Je ne me plains pas Je ces charmantes insinuations. Je suis toujours enclin à me fl'.:liciterd'êtrc ,·ilainemcnt injurié par des aÙYcrsaires. Cela prouYe qu'ils rempbcent commc ils peuvent les bonnes raisons qui leur manquent; et je serais presque tenté de les remercier pour la peine qu'ils prenm:nt ain<;i de prl'.:\'cnir en ma fa,cur tout lecteur ayant le respect de la pensée indépendante. Scukment je puis bien dire à M. Hamon (en qui je me pl.lis à saluer une urb,rnité parfaite) que ces proddés de polémique sont d'étranges pn'.:lulks de conciliation et ne Yiennent guères à l'appui de Li thl'.:scqL1'il soutient. Mais abordons sa thcse clic-même. A ne reo-ardcr oue leur orioinc b 1 ~ > il est incontestable que le socialisme et l'anarchisme sont né~ tous Jeux d'un désir passionné de remplacer le régime capitaliste par une société plus juste et plus heureuse, qu'ils sont ,linsi comme deux branches sorties d'un tronc commun. P,1s n'était besoin d',1ccumuler les textes pour démontrer cette Yérité. Il est bicn é\'idcnt que toute histoire du socialisme a Jù donner une pl.icc .'t l'exposé des théories anarchistes, et, comme M. Hamon le rappelle, quand j'ai \'Oulu dans mes lt11clcs s11r la Fra11ceco11te111porai111· embrasser l'ensemble des doctrines, sou,·cnt fort vagues, qui ont porté l'étiquette socialiste, je n'ai pas plus qu'un autre essayé de me dérober à cette nécessité. Le malheur est qu'aujourd'hui la question n'est pas là. Il ne s'agit

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