La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LE PARADIS DES Ot;\"RIERS 91 employeurs ne s'y opposaient guère : la jourm:e normale fut introduite Jans ces ml'.:ticrs sans coup fcrir. Bientôt après Yinrent ks charrons. filais la grande bataille ne fut liHèe qu'en 1859. Les mines d'or furent une source de désappointements continuels : toute une armée J'aye11tuïiers et de désœunls inondait la colonie, la multitude des bras cherchant du traYail se multipliait tellement, qu'un des plus grands employeurs, l'entrepreneur du nouYeau chemin de fer du gouwrnement, essaya d'introduire une réduction de gages et en même temps une prolongation de la durée du traYail. Les ouniers auraient consenti à une petite réduction des gages; mais, quant à la journée normale, M. Don, leur champion au Parlement, s'exprima en ces termes : « '.'fous avons cloué notre bannière au màt; quand on l'aura trouée de balles, nous nous battrons encore pour les trous que les balles auront laissés. » C'était sérieux, et les charrons seuls, en consé- -quencc d'une diYision internl!, perdin.:nt la bataille. Depuis ce jour-là, la ligue des métiers, « /be A111nlgn111ntedTrac/es Associnlio11 », fondée en 1856, ,kYint un corps puissant, qui a, <lans k cours des années, assisté maint<.!jeune union ounière d,rns la conquètc dl! la journée normale. Le mouYcmcnt n'a presque pas eu de secours Ju pouYoir législatif, i \ïctoria. En 1856, lorsque sir ,\ndrew Cl.irke fut ingéni!!ur en chef <les tra\'aux publics, il fit en sorte que le seul entrepreneur obstinè (cdui qui devait b.itir k pal.iis du P.1rlcment) n'obtint pas la permission d'ordonner un /oc/, 011/ (grèn: forcé<.!), pour faire la guerre il outrance. :-.tais il fut décidé que ses pertes :'t cause de la journée <le tra,-ait réduite lui seraient restituées par l'État. En 1859, au contraire, l'attitude du gouYernement fut exactement l'oppo,é. D..:puis cc lL'.mps, quelques lois sur le traYail ont été proposées '1ll Parlement, ayant pour seul but la codification de la protection <les femmes et des enfants, une protection qui n'est pas accor<lée en réalité. Une durée excessi\·c du tra\·ail, un paiement minime, .:t le traYail <les enfants, Yoilà la rcglc dans la branche des mo<l<.!s. La journée normale, qui maintenant est si générale qu'à p..:ine un quart <les OLl\'riers en est .:ncorc priYé, cette journée norm.1lc a <'.:té conquise par les ouniers eux-mêmes, et les boubngers, qui n'entami:rent la guerre qu'en 1884, trou,·ant qu'ils aYaient assez longtemps payé pour la journée réduite de leurs camara<les, et que ceux-ci pourraient tn:s bien le faire pour eux à leur tour, <'.:cri,·aient sur leur bannio:re: « Celui qui Yeut ètre libre doit se battre pour soi ». Il n'y eut pas de précipitation dans le mouYemcnt : en 18ï9 il n'y aYait, à Melbourne, que <lix-scpt métiers qui aYaient la journée normale; mais des 1884 cela augmentait toujours, de sorte qu'en 1890, le 21 anil, soixante bannières représcntcrent autant <l'unicns ounicr..:s Jans la

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