La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

92 LA REVUE SOCIALISTE marche solennelle des métiers; que le Parlement prit un jour <le yacances, et que le gouYerneur et les principaux fonctionnaires prirent place ,\ la table préparée par les ouvriers. Quelle influence la journée normale a-t-elle eue? La statistique a prouYé incontestablement que les salaires, qui montent ou baissent pour toutes sortes de causes, n'ont subi nul changement par la journée de huit heures. La question des sans-traYail, plus pressante en Australie qu'ailleurs, parce que les conditions sociales y sont moins durables, et que le nombre <le ceux qui cherchent <lu travail, mais sont !)CUenclins a en trom·cr, y grandit parfois <l'une maniére inquiétante, c,·ttc question n'est point rcsoluc par !:\, L'exemple le plus remarquable est celui des boulangers. En 1883 ils traYaillaient encore quinze heures, en 1884 d'abord di'x heures, ensuite huit heures; les salaires n'ont ni baissé ni monté d'un shilling à la suite <le cette réduction; le pain n'en est pas <leYenu plus cher d'un centime, et pas plus de la moitié des ouvriers qui chomaicnt dans cc métier n'ont trouYé du tra,·ail. Cc sont les petits entrepreneurs qui sont atteints, ceux qui traYaillent aYec un capital insuffisant, ou des machines suranni:cs. Ils ont été forces de renoncer à leur commerce, ou bien <les'associer à <lesentrepreneurs en gros. Ceux-ci, au contraire, f!orissent toujours; la journée de huit heures n'y a rien fait. Si l'on demande : Est-cc que l'ounicr traYaille plus en huit heures qu'en dix heures? -- la n!ponse est facile : .\u temps <le la journ6e de dix heures, l'ouvrier faisait deux repas, tandis qu'aycc la journcc de huit heures il n'en fait <l'ordinaire qu'un seul. La diffcrcncc pour l'employeur n'est donc en realité qu'une <lif!i:n:nce dt: trois quarts d'heure, Et l'entrepreneur du palais du Parlement, dont nous venons de parler, ne perdit que 1,800 lines, sur un contrat de 400,000 lincs, par l'introduction de la journt'.:e rc<luite, Et il faut constater que dans tOus les pays, en Angleterre aussi bien qu'ailleurs, l'on ne saurait trop louer le physique remarquable de l'ounier australien, son extérieur fort cr robuste, l'air de bien-être de: sa femme et de ses enfants, leur mine calme, leur conduite pleine t!'onlrc et kur contentement visible. Les samedis, apri:s-midi, se tiennent les Yentes des lots à bàtir. L'ounier y n régulièr..:ment; il y achéte sa terre, ou il bàtit sa maison, et ou il demeure en proprictairc. Il a, en outre, son palais <li.1pcupk et ses parcs nationaux, Les colons australiens, :\ en croire les libraires, qui doiYcnt le saYoir mieux que personne, achl:tent comparatiYcmcnt plus de lines que les Anglais ou aucun autre peuple. Les rerncs anglaises sont plus lues aux antipodes qu'en Angleterre. La bibliothcquc publique de .\klbournc est pleine d'ouvriers tous les samedis. Sir John Coode y trouYa six cent cinq Yisiteurs, cc qui est e1wiron deux fois plus <le personnes que ne peut en contenir la grande salle du British

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==