La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

1 E PARADIS DES OC\'RIERS fi.ment d'aspirer Jans leurs momcnts idi:alistcs. Cc syst.'.:me est pour eux k beau n:,·c du royaume des cieux à Ycnir; ils i:n parknt ,1,·i:c cnthousiasnle dennt qudquc socialiste sincère rèccmment sorti Jes rangs ounicrs du Yicux monde, pour montrer :wcc orgm:il qu'eux aussi ont leur mouYcmcnt socialiste; mais, dans la pratique des discussions p.1rlemcntaircs oü ils se mèlcnt chaque jour, l'i:pi:e luis.11Jtcde l'idéal est pru,h:mmcnt gardi:e au fourrc.:au, et l'on ne se sert que Ju fkurl't mouchcti'.: Je l'opportunisme. Et puisque le c,1pitalisme, gr.îcc à l'imperfection des systi'.:mcs Je repri'.:scnt.11io11a, , presque J.111stous les cas, l'avantage de l.i m:ijoriti:, Lt, en omre, l'appui trO::seffectif Ju gouYcrncmcnt cx.;cutif, il sc contente, en bon escrimeur, dc se labscr toucher li:gO::rcmcntde temps en temps par son adYersairc, pour pouvoir tirer av:intage ,i son tour Je la confi.111ccen soi qu'il a ainsi fait naitre chez l'autre. Le gouvernement, par cxempk, vcut gagner ks \'Otes du p.1rti OUHicr pour un hudgct qui contient des articles contraires à notre programme. Cn des rc.:pri'.:scntantsJu p:irti ou,-ricr se lt'.:w, pour démontrer qu'au lieu de dépenser l'argo.:nt pour k profit de tel et tel, il faudrait l'employer dans l'inti'.:r0t des ou,-ricrs mal .\ l'c1isc de tel ou tel métier. Le gouvcrncmc11t a immédiatement en n:sern: quelque petit chemin Je fer projeté, qui, en réalité, n'aura d'autre utilité que de gnspilkr de l':1rgcnt et sau,-cT le gouvernement, mais qui, pour le moment, ,-,1 ounir toutc- une provinci: ,i di:frichcr, et donner du tra, .1il .\ des milliers d'hommes. Et le c:indidat du tr.1vail, avcugli'.: par cette simpk rusc, appl.rndit, cropnt qu'il a forci'.:l.1m,1in au gouvernemcnt. C'est ainsi que les gouvcrncmcnb suc.:essifs de, colonies ont di:pcnsé inutilement des millions qui n'ont profité ,\ personne, leur ÙeYise étant toujours: aprO::snous 1c délusc ! Et le déluge est venu, sous forme d'un mabise si gi:n~ral, si terrible, que des multitudes entiO::res Jc gens ont été réduites .i la pau\Tcté la plus absolue. Si les gou,·crnuncnts, au lieu de pr(tendre Yenir au secours des p:tuYres par d..:s travaux inutiles, aYaient (tudié les naies conditions Lk bien-être d'un pays, ils auraient compris qu'un granJ nomhre d'hommes pouvaicnt <:tre employ-:s utilcmL·nt .!,ms quelque grand projet d'.1gricultur..:, et 1csol, assez fertile dans plusieurs parties de l'Australie, serait dcYcnu une source intarissable de prospi'.:rité. :\lais on était beaucoup trop occupé du jeu important d'0tre gouvernement ou opposition, pour aYoir 1c temps d'analyser une question J'inti'.:rèt public si peu personnelle. Et l'on s'efforçait plutot Jc contenter toutes lcs demandcs bruyantes des différents intér0ts indi,·iducls, qui augmentaient d'insolence :i mesure qu'on leur témoignait plus Je rcspect. La cause publiquc, la Haie prospérité Lk œs vastes contrées, fut de jour en jour sacrifü:c au besoin imm.'.·di.1tde satisfairc à ces demandes impéricuses dcs intérèts Je ccrtains groupes.

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