La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA RE\'UE SOCIALISTE ln garrr, » donr la mélodie archaïque, d'un ton charmant, a éte hannoniséc dt: la façon la plus heureuse par l'érudit Gevaert; plus un oratorio entendu pour la première fois à P:1ris, ln Fille de Jepblé, de Carissimi, composé ayant 1650; un psaume de Goudimel (paroles de Th. de Bèze, seizième sicclc); un madrigal spirituel à quatre YOix de i\l. E. de Polignac, et un motet nuptial à quatre et six Yoix de :'Il. Yin cent d'lndy; ces deux dernières œu,·rcs prouYent que les moderno.:s savent parfois traiter les Yoix comme les anciens, sans le secours d'accompagnement. .\ cc même concert, un air de ln Prise de Tr<1ie (l'.iir do.:Cassandre) l.!t le duo des Tro)'e/lS à C11rlbnge, ont cte chantés par m.1d,1111De aunay cr M. E. Lafarge. Si cc pouvait être un acheminement vers l'exécution à !'Opéra de l'ounage méconnu de Berlioz!! ... Aux concats d'orgue de i\l. Guilmant la musique ancienne a aussi triomphe aYec Buxtehude, cl' célèbre organiste d'il y a deux siècles, dont la n~nommé..: était tdle que Bach, âgé de Yingt ans (rï05) fit a pied le chemin d'.\nstadt à Lübeck pour l'entendre; et Bach lui-même, er Haendel, et /11//iq11n11/i. La Sociélé des i11slru111enls n11ciens, fondée depuis un an par M:\l. Diémcr, Ddsarte, Van \Vacfolghcm et Grillet, st: consacre aussi à ces anciens maitrl.!s, mais plutàt aux français. Elle a produit d'importants fragments des Borinifrs, opéra inédit d..: Rameau ( 1 ï6.J); et des Yieux airs de danse ou de chant pleins de charme, cxccutès à raYir par les artistes sm-mi;ntionnés, sauf par i\l. Diémcr, toutefois, trop sec et par moments insupportable au clavecin. Les concerts de charité ont parfois du bon, lorsque, comme dans celui donné il y a un mois par Mme de Trédcrn, on y exécute des fragm.:nts aus,i importants que ceux du T'nissea11-Fnlllô111e, qu'on a pu entendre et Yoir :i la Comédie-Parisienne, où le grand rccit des Hollandais (1•r acte), précédé de l'ouverture, et le deuxième acte tout entier ont été joués, dans les costumes et les dccors que l'œune comporte, de façon fort satisfaisante pour des amateurs. :',\me de Trédern s'y est montrée fort bonne chanteuse et actrice dans le ràle de Scnta. Un petit effort de plus, et nous aYions le Vnissea11-Fn11/ô111e en entier joué pour la prcmièri; fois à Paris. Qui empc:che donc un thé,itrc de réaliser complcrement cc qu'un groupe d'amateurs a si bien réussi en partie? J.-G. PROD'HOMME.

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