La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

REVÇE DES REVUES ï35 « La fin ck l'humanité, dit cucore .\1. Lapic, n'est pas l'apothéose de l'individu, c'est la justice dans les relations indi\·iduelles. L'Et,lt n'est p,1sseulement l'auxiliaire des indi\·iqus dans la conquête de la personnalité; il est leur arbitre dans l'établissement de la justiœ. » Qu'importent après cela les réscn·es. Sans doute il sera dirficilc toujours de réaliser par des hommes cet État parfaitement juste . .\fais il nous suffit que la définition soit ainsi posée. Le reste cst œunc d'émancipation ct d'éducation humaine. Les moyens de réaliser cet• État juste pctm:nt être divers. L'idéal nous suffit pour combattre tout cc qui le limite, tout cc qui le nie, tout cc qui n'est pas dans sa voie. Faisceau d'intér..:ts (rcpn:sent,ttion professionnelle), dit ~!. Lapie, l'État serait injuste, à crnse du conflit mêmc des intér0ts; fcdération de provinces, collection de petitcs républiqul's, il ne remplirait pas da\·antagc sa mission. Il n'est pin:s tyrans que h.:s tyranneaux. ~on seulement l'impartialité, mais l'uni\·ersalit.'.: manquerait ,1 l.1 justice de l'État d<'.œntralist'.,. " La ce11lra/isaliun, malgré ses défa11/s,a l'nrn11/agcde lt'11/cr 1111eréparliliv11 des biws e11/re les 111ériles ". La garantie de la justice n'est p,1s plus dans l'autonomie des pro\·inces que d,rns l'autonomie des corporations. Pour que Li justice soit garantie, il suffit que ks citoFns s'habituent à ne demander que la justice:. Le vrai n:gime de Li justice est celui ù..:s contrats sociaux cntn: citoyens, des contrats r.'.:dig.'.:d, ans un esprit de liberté, dans une p,ufaite égalité des parti..:s contractantes, non sous l'empire de la force des choses ou de la n<'.ccssit<'.. « Si la propriété .'.:tait fond,;e jadis sur la violence, clic n'oserait plus a\·ouer son origine; clic Y<.:utreposer aujourd'hui sur un contr;1t ». L'Etat d..:\·ient ainsi l'équilibrc des indi\'idus . .\fais cet équilibre ne s'<'.tablit pas spontanément; quelqu'un doit tenir le fl<'.au, apprécier la p..:sée. Les sociét<'., sont des systO::mesd'idées, non de forces matfridlcs; pour les combiner il faut qu'elles se rencontrent dans une à111t: r,1isonnable: cette ,ime, cette raison, cet arbitre uni\·ersd et impanial, c'est l'État idéal. Admirable d<'.finition, que, n'en déplaise à ~I. Lapi.::, nous accep• tons, nous rc\·cndiqnons tout entii:n:. Le socialisme dans son esprit, sa doctrine, ses principes et ses espérances, ses conclusions, c'est cet id<'.,1m1 èmc d'une société juste, d'un État juste et rationnel. .\u terme de toute dialectique sur la justice, on doit nt'.,œssaircment rencontrer cet idéal, et jamais doctrine ne l'affirma plus hautement et ne s'en inspira plus ardemment que la notre. li est, selon les mots de notre philosophe, « l'âme même et la raison » de notre propagande. * * * Pour atteindre cet idéal, l'œuHc ést double : O.:U\'rede.:plus juste

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