LA RE\'UE SOCIALISTE soci.;ti; se borne,\ detruirc le mal qu'elle a fait, quelle es, son utilité?,, Que dit Li raison ? Elle dit que deux actes identiques accomplis par deux hommes doiYcnt aYoir des conséquences identiques. L'egalité qui est la condition de la justice n'est pas l'égalité des personnes, mais l'égale sanction des actes égaux. Cc n'est pas la nature, c'est notre actiYité qui nous confC::reun droit egal à celui des autres agents. Cc principe posé, la justice étant l'idéal de la Yie sociale, comment l'atteindre? L'harmonie du bien et du bonheur sera-t-elle spontanée, sera-t-elle prornquec? Les efforts des indiYidus peuwnt-ils la produire? ou faut-il reclamcr le concours de l'État? Telle est la troisième import:rnte question que M. Lapie ,·eut résoudre d'après la sociologie moderne. Et nous allons le Yoir élaborer une définition trcs haute, très rationnelle de l'État, dans le sens le plus conforme à la conception socialiste. Pour que l'idéal social de justice soit réalisé, il faut que les actions <les hommes soient toutes mesurées ; la justice doit ttrc universelle; il faut qu'elles soient mesurées par la raison; la justice <loit être impartiale. Ces <leux conditions ne sauraient être remplies par <lesin<livi<lus. Dans réiat actuel <lesmœurs, on ne trouve, à la surlJcc des sociétés, que de rares îlots <lejustice ... admettons qu'ils grandissent et pan·iennent it former des continents - entre ces continents se creuseront encore des océans <l'injustice - Toutes les fois qu'une action universelle doit être exécutée, on ne peut se lier :1 l'initiatiYc individuelle : l'État doit inten·enir. UniYersalité, impartialite de la justice, Yoilà les deux conditions qui exigent l'inten·cntion de l'État. Tout État remplit-il ces conditions? Si l'État peut entrer en conflit a,·cc les indiYidus, s'il croit former une gigantesque indiYidualitc plus puissante, m.1is non moins rcelle que celle des citoyens, comment serait-il impartial ? - Ici, M. Lapic se croit obligé de reconnaitre cc caractt'.:rc à l'État socialiste. - Il l'appelle l'Étatpcrsonne. Étrange erreur de la part d'un philosophé généralement mieux informé. Comme si cet État-personne n'était pas l'expression \'raie de l'État dans le régime actuel, véritable superposition d'intérêts et de passions égoïstes au dessus des intérêts sociaux, puissance autoritaire et instrument de rcgnc d'une classe, sinon d'un parti. Sans nous arrêter à cette discussion secondaire en l'état de la question, constatons que i\l. Lapie affirme nettement le droit et le deYoir d'intervention de l'État dans l'intérêt de la justice sociale. L'État, dit-il, est une personne morale : cc n'est pas un organisme, c'est une ame. Que si, pour 111el/rela jl4SticedallS ln 1·lpartitiou011lnperceptio11de l'impôt, l'État doit se lh•rer û certaines industries, il resteda,is la limite d,• sa fo11ctio11; ,nais la proprilté et l'iud11striede l'État differmt de ln propriété et d,· l'industrie i11dividuelles;l'iudit•ùluacquiert et tramille pour vivre: l'Etat acquiertet trni•aille pour être ju,te.
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