La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

I.A RF.VUE SOCIALISTE autrement. Il peut l'employer, notamment, soit à acheter des actions de la Société, soit à acheter une maison, un jardin ou des terres. La mutu.ilité lui donne toute facilité à cet effet. Elle ne vend d'actions qu'à ses adhérents, auxquels clic les cède à prix réduits et les rach.::tc lorsqu'dlcs sont à vendre, à l.i seule condition qu'ils s'interdisent de ks vcnJrc à des tiers. Elle leur vend, dans des conditions analogues, une maison, un j,u-din i:t la quantit.: de terres qu'ils peuvent culti\·cr eux-mèmcs, et ils en ont la propriété intégrale, libres, au besoin, de les venJre à des tiers, à la condition toutefois de rembourser à la Soci<'.:t<la: différence entre le prix porté sur l'acte d'achat et le prix exigé par elle. La Société n'ali.::ne ses propres terres que pour fournir à ses adhén;nts la surface qu'ils pcun:nt culti\·er eux-mêmes, mais elle leur facilite, par tous les moyens, l'acquisition au dehors d'autant de terres qu'ils peu\·ent en acheter, notamment en leur prètant de l'argent à faible intérêt et en leur fournissant, à de bonnes conditions, tom cc qui peut leur être nécessaire pour la culture, y compris b maind'œune. Elle ne se réserve, en retour de ces avantages, que le droit de pn:ffrcnce dans le cas ou les terres ainsi achetées seraient à vendre ou ,i louer. L'administration des mutualités se fait par les mutualistes euxmêmes. L'État, le département, la commune n'interviennent que si leur inter\'l!ntion est demandée ou nécessaire. Les mutualistes fixent 1.: durée et la nature de la tkhe de chacun. Si la mutualité est en bénéfice, elk peut diminuer la durée des tâches; dans le cas contraire, clic doit l'augmenter. Le traYail est reparti de façon que la tâche de chacun soit manuelle au moins en partie; sous cette seule restriction, on se conforme, autant que possible, aux goùts et aux aptitudes de chacun; toutefois, alf point de \'Ue hygicnique, une partie au moins des tâches s'effectuent en plein air. Les mutualités ne se bornent pas à organiser le travail et à en répartir les produits; elles ,·cillent aussi à procurer, dans la mesure de leurs ressources, des satisfactions de tous genres à leurs adhérents : soins aux malades et aux vieillards, éducation des enfants, conférences, concerts, représentations théâtrales, consommations de choix et à prix réduits, etc., etc ... Elles veillent à cc que l'intimité la plus grande règne entre les mutualistes, qui doivent se tutoyer, s'cntr'aider mutuellement et n'affecter aucun luxe exagéré. Ceux qui, malgré plusieurs avertissements, ne Sl.: conforment pas à ces régies, sont exclus de leur mutualité. Le capital des mutualités se compose des terres, manufactures, bâtiments agricoles, ateliers, instruments de travail, fonds de roule-

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