i2+ LA REVUE SOCIALISTE trou,·eraicnt pas, dans les classes dirigeantes, sans distinction d'opinion, des obstacles aussi grands que la nationalisation du sol en rencontre dans la classe r.gricole. On peut en juger par l'accueil fait à l'impot sur le rcYcnu et à l'augmentation des émoluments des pçtits salariés de l'État (1); que sera-cc si l'on Yient à parler de la supprc:ssion des domestiques ou des filles de joie, const'.:qucnces inéYitables des moindres réformes démocratiques? Parmi ceux qui font les appels les plus Yiolents à la révolution sociale, il en est plusieurs certainement qui seraient na nés s'ils ,·cnaient à être priYés brusquement de certaines liaisons aussi agréables que temporaires. Aussi, est-cc une raison de plus de: ne procéder qu'it des réformes progressi,·es. Quel que soit l'ordre nouyeau qu'on Youdra substituer à l'actuel, il est désirable que les deux puissent fonctionner parall.::Iemcnt; chaque citoyen ira à celui qu'il préférera et le meilleur des deux aura raison de l'autre. l l Mt.:TUALISME Le but est d'assurer à chacun la plus grande somme de bien-être matériel et moral possible, en exigeant de lui le moins de traYail possible. Il résulte de l't'.:tude que nous Yenons de faire que, pour y parvenir, il faut : Réduire au minimum le nombre de ceux qui ne tra\'aillent pas manuellement; Rt'.:duirc progrcssiYemcnt, sinon supprimer brusquement, les domestiques et le n;ste, derniers Yestiges de l'cscla,·age antiqllc; Rétribuer et honorer le traYail manuel à l'égal du travail intellectuel; Tàcher qm: tout le monde traYaille manuellement pendant plus ou moins de temps; Arriver à cc que l'égalité et la fraternité ne soient plus de vains mots et, dans cc bllt, tendre à la fusion des classes et non à leur (1) Ces réformes sont les s~u1cs dont il m':tit été donné de 111 10,cupcr 1usqu ici. J',ti fait par,1îtreen 1888, chc1 Dcntu, sous le pseudonyme de Pierre L:1ur~t, une brochure intitulée! Pr<tjtt ration11tl d'impôl rnr le ,-eveuu. Le syst~me que je propos:tis n'est p.1s ~.tns :tna.logit.! aYcc celui qui a été prCsentêplus tard j l:t Chambre par ~Dl. Cavaignac et Doumer. Vers l:t même époque, j'ai rédigé une pCtition en f.t"cur J._•scanton~ nias et autres petits ~ab.riCs de l'J;'.tat que j'ai cnYoyCe :, presque tous les mt!mbrcs du P:trlcmcnt dont plusîcurs ont bien \'Oulu y prêter une certaine attention. Elle a servi de base à une proposition de mon :im.i Montaut, députC de Scinc-et-.Marne, qui, après '-lt:ux renvois au Sénat et trois YOtèS de la Chambre, a fini par obtenir un demi 4 sucd:s.
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