LA SOLIDARITÉ ET L'I:--Dl\'!DlJAl,ISME meilleure destinée, à ne considé1 cr que leurs capacités, kur caract.:n; et leurs ,·ertus, ont été « défo,·ofisés,, par les mêmes institutions et les mêmes circonstances. L'état de choses moderne est essrntidlemrnt f:tYorable aux indiYidus médiocn:s, d'esprit mercantile et indifférents au sort d'autrui et de la société. :\bis c'est un don d'origine que d'être aimi. On n'est pas plus médiocre p,1r ,·olonté que l'on n'a \'Olontain:ment la t,lillc moyenne; ks petits ne peu,·ent pas plus s'éleYer jusqu'à elle qm: les grands s'y ab.1isscr. Et pour les hommes d'initi:ttiYe, d'idée, primes,1uticrs, originam, l'ordre th: choses qui f,1\'Cwise h médiocrité est aussi bien une fatalité funeste que pour les paunes diables, simples d'esprit, naïfs, crédules, désintcressés ou inc.1p,1bks de ne rien faire antre chose qu'exécuter ce que d'autres ont conçu. Les indiYidus fayorisés peu\'ent être s.nisfaits et troun:r l'ét.lt de choses excelknt; ceux qui, rn contraire, subissent les f.11.1litésfovor.1bles :i ces médiocrités ne peun:nt partager ni leur aYis ni leur s:1tisfaction. L'indiYidu, quoi qu'en prnsent les in<liYiJ11.1listes,n'est pas seul au monde et ne \'t:Ut p.1s y être seul. D'une nuniére gérn:rale, il cherche à s'accoupkr au moins ,1\'ec un être d'un sexe diffén.:nt, - quand ce n'est pas ayec plusieurs, - et il rnanif.:ste une joie naï\'emcnt fi.:re quand il en a des enfants. Da,is l'accouplement, qu'il soit le mari,1gc, le concubinat ou la li.tison, l'indiYidu ne reste pas entier, quoiqu'il le croie et quoiqu'il Ycuille. li peut demeurer constituti\'ement et organique1rn:nt lui-même, il ne le reste p.is 111or.1lcrnent; Je même que les corps qui, en conser\'ant leur natun: intime, ch.1ngent de propriétés, quand ils sont sensibilisés par Li lumi.:re, l\:lectricité ou tout amrc agent physique, l'indi\'idu est influencé dans s.1 sentimentalité, ses opinions, son c.ir.ictère, sa ,·olonté 1ur l'être aYe.: lequel il .:olubite. C'i:st bien pour cette raison que les familles des castes d'autrefois se préo.:cupaient Lint <lu d10ix de l'époux ou de l'épouse de leurs enfants et mème de lems li;iisons. Les familles pou\'aient se tromper et se trompaient s,tns doute trés som·e11t d;1ns leur appréci;nion des personnes, comme dans celle des conséquences probables <les li.lisons ou des unions; mais leurs errems à cet égard n'empêche pas que l'obscr- \'ation d'apn:s laquclk elles raisonnaient t'.:taitaussi juste que l'opinion qu'elles a\'aient de l'importance du rôle Je l:i femme dans l.i destinée de l'homme, ou de celui de l'homme Jans h destinée de Li femme. L'histoire est là pour attester l'importance de ce rôle, qui s'étend de la destinée d'un indiYidu à celle de tout un peuple. Et cc qui est vrai pour les souYcrains, les princes, les dictateurs, les chefs, les ministres, l'est tout aussi bien pour chacun des ciroyens. Toute la différence est que l'influence que subissent ces derniers a moins de retentissement. Et cc n'est pas seulement une influence personnelle
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