La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA SOLIDARITÉ ET L'l:s'DI\'IDCALISMF. qu'il fùt co11\'aincu par les faits que Ir peuple auqud il s'adressait arnit assez le souci de la destince de ses dcscemLlnts pour que cc souci influo.:nç,it ses acto.:s. Il o.:stco.:rtain qu'aujourd'hui 1c prccepto.: n'aurait au.:une forcc do.: coo.:rcition morale. On pourrait rcpcter quotidienncment ,·1 un inogne quo.: ses enfants porteront irrémèdiablement la peine de son inogneric, que cctto.: considcration ne l'cmp0cher.1it pas dc boire. On pourrait do.:mêmc n:pcter ci ch.1que heure du jour à nos contemporains que leurs do.:sccndants porteront cruclkment peut-être la peine Ju dcsordre o.:t de l'anarchie morale et sociale, dam lesquelles ils Yi\·ent o.:rdont ils sont, chacun à kur manièn:, ks auteurs et les complices, que cetto.: prcdication ne changerait absolument rien à leurs habiwdes, :\ leurs pratiques <.:t ,i leur conduitc. Leurs di:scl:ndams s'o.:n tireront comme ils pourront. Les historio.:ns apologistes de la Rérnlution ont justifié, non sans app,1ri:nœ d'ailleurs de raison, ks exccmions i:t ks massacri:s di: c..:Ltc cpoqui:, par les excès de l.1 longue serYitudo.: fcodak. Ci:tti: justification est après tout acceptable; mais il fout ayoui:r que si clk est conforme ,i la loi du talion die n'est guèri: conforme à la doctrine de la ri:sponsabilit.: indi\'iduclle. Un grand nombre de nobles du di,-huiti.:Cm..:sièck, promotcurs ou disciples dc Li philosophie nouY..:llc qui dc1·ait de1·e11ir l'Id.'.:e révolutionnairc, ks premiers et lcs plus sincères partis,rns ,ks n'.·formi:s furl:nt proscrit, ou mis ,'t mort parce que leurs ancètr..:,, dans des temps dl.! sombn:s luttcs guerrières, av.1il.!nt traité duremènt la raci: des s,rfs dc Li glèl-,c, qui n',1Y.1it ni l'éni:rgi.: ni la ctp,1-:itt'.: de la rt'.:Yolte. D'autrl.! p.trt, quoiqu'il fùt \èritabkmcnt coup.tbll.! Lie fourbi:ric et de trahison, Louis x,·r pap sur l'èch.1f.iud, bien plus les fout.:s de si:s ancètrcs, Louis XI\' et Louis X\", d de s.1 lemme, l'.\utrichiennc, que ks siu1111.!s,comme Charles T<>fut puni par la bachi: du bourrl.!,lll des crimes de Jacques J, et di:s intrigues de Henriette, s.1 femme, bien plus que de s.:s proprl.!s torts. ::--:,1polt'.:01[,1,, p.1r un concours dt: cir.:onst,1nc..:s ,1ssez rare dans l'histoire, porta lui-mèmc Li rl.!sponsabilité ,le s.:s acti:s, à laqrn:lle ne put lc soustr,iirc son géni<: militaire. :0-lais il laissa un lourd héritage à deux pcuples : à ]'_\llcmagne disloquée et ,i Li Francc Yaincue et ramc·née à un rcgime bùtar,1, rt:Yolutionnaire dans si:s instirntions ciYiks, monarchiquc et parlcmèntaire dans ses institutions goun:rncmcntalcs et féodalcment anarchique d.111s on ctat économique. Pou\·ait-on de 1815 à 18ïo, à force d'intelligence, de pre\'Oyance, de sagesse, modifier cette situ.nion, cn:cr un ordre de choses rationnel qui aurait permis une é\·olution dc\'cnuc necessairc, tout en corrigeant les erreurs du système rc\'olutionnaire et les fautes impériales. On peut le prctcndre. :0-faisil aurait fallu pour cette tiiche un homme de genic qui ne s'est_ pas trom·c; car la destinée inJi\'iduelle qu'on nous

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