LA RE\TE SOCIALISTE faire lui-mémi: le programme Je sa destinée. La seule chose qu'il soit ;\ peu pr.:s libre de faire, c'est de se tuer, s'il a de sa déchéance une conscience que son état ne lui permet mèmc pas <l'a\'oir. Ceux-Li mémc qui se croient exempts de ces tares physiologiques ne sont p,ts moins asservis ,i la fatalitt'.!originelle. Cc sont des dispositions sp.:ciales organiques de structure ou de tissus, qu'ils tiennent des ascendants et qu'ils ne peu\'ent changer, qui les rendent apoplectiques, congestifs, nerveux, sensibles, réfléchis ou spontanés, bra\'es ou prn,lents, studieux ou distraits, myopes ou presbytes, crédules ou doutems. Quand :\1usset fait dire;\ son :--lanlochée, parlant à son oncle, le sacristain : « ;s;ous n'a,·ons pas le cr:ine fait de mèmc », c'est I;\ toute.: l\:xplic.ttion de nos difft'.!rcnces de destinées, d'opinions, de conduite. :-1.iis les plus entêtés indiYidualistes a\'oueront bien qu'on ne se fait pas a soi-même son cr,rne, et qu'on ne peut 1111:meh, t'.!las! le faire comme 011 le \'eut ,i ses enfants. Otttre les causes ata\'iqucs, constitutionnclks et physiologiques originclks ou h.'.:réditain.:s qui inflw.:nt sur la destinée des êtres, il en est une autn.:, plus myst.:rieuse encore, qui n'est pas sans influence sur clic: ce!!..: qui r.:sulte des circonstances et conditions de l'acte gé111:rateur lui-même, Jans lequel l'indiYidu ,i n,titrc n'est absolument pour rien et Jont il porte pourtant l.t n.:sponsabilité pendant presque toute sa Yie. ,\ propos du cas de :-1. Faure, :\1. Henri Fouquier, je crois, disait que et: qui l'a,·.1it f.ich.'. a,·ec Lt loi mosaïstL était la responsabilité qu'elle f.tisait p,s<:r sm Lt d1.:scend,111cc.En cette occ:ision, :\1. Jlenri Fouquicr parait a1·oir mal compris la pense.: du conducteur du peuple hébreu . .\l01,e était un granJ philosophe agissant, un grand lt'.!gislatçur et un grand politique, qui al'ait médité sur les destinées de l'homme et des sociétés. 11 croy.1it, non sans raison, que l.i justice fatale cxtrahumainc, cdlc de la nature et des choses, finit toujours par al'oir sa sanction, et que, si die. ne punit pas l'indidJu lui-même th: ses outrages ,i la nature et de ses torts .:n,-crs ses semblables et c1wers la société, elle en punit sc:sJc:sccndants, successeurs et hcritiers, d'autant plus rigoureusement qu'elle a plus longtemps attc:ndu pour fr.1ppcr. 1:n 111stituant des lois sanitaires et des lois sociales, il ne leur donnait pas une sanction, à la mani.:rc: de nos faiseurs de codes modernes, qui en confient l'exécution aux commissaires, gendarmes, juges, geôliers et bourn:aux; mais, connaissant le souci des Hébreux pour leur progéniture, il les a,·,rtissait qu'ils seraient punis de leur \'iolation de la loi, qui était l'expression de Lt nécessité, dans leurs enfants jusqu'à la troisicme génération. li ne ks en aurait pas a\'ertis que les choses se seraient passées de même. li était plus paternel et plus sage de les avertir. Pour que .\loïse, qui n'était pas un sot, ait cru que cet a,·ertissemcnt serait salutaire, et pour qu'il l'ait formule en pn:cepte, il fallait
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