LA SOLIOARITI( ET L'IXDl\'IDUALIS~IE 713 obscures et peut-ètrc le resteront-elles toujours. /\lais il est bien certain que l'indi,·idu n'est que le dé,·eloppement d'un germe organique, modifiable en certaines conditions, modifie pour une partie à l'état embryonnaire par les cléments de l'onilc où il a germ6, qui reproduit ou continue l'ascendant comme l'épi né cl'un grain de blé reproduit l'épi dont ce grain était sorti. Il est mèmc permis d'affirmer que le germe organique en question est mystérieusement transmis p,1r les ancètn:s de générations en générations, puisque l'on retrou,·e chez les tkscendants des traits, des manien.:s d'ètrc, des énergies et des aptitudes qui car.1cti:risaicnt un aïeul. Aussi la ressemblance ata,·iquc, qui s'est jointe ,i l.i néces,ité sociale pour constituer l.i doctrine de l'hi:n:ditc, a-t-elle étc const.1ti:e depuis l'origine du monde, pourr.1it-on dire, étant un fait aussi ancien que lui, et d'autant plus const.1t.1blc que les masses hum,1incs, quoique nomades, étaient plus irnpfoétrablcs aux 6léments étrangers. ;\lais si l'incli,·idu n'est p.1s une géncration spontanée, le germe dont il sort, et <]U'il est, est un composé organique modifiable dans um; certaine mesure et dans certaines conditions; et la modification est tdlc que l',1Jjonction de nouYeaux élt'.:ments ou de nouYclles énergies dans l.1 combinaison dont il est k produit détcrmine k dé,·cloppemcnt de ccrtains organcs ct de certaines aptitudes au dt'.:pcns d'autres, dans des proportions direrses, cc qui établit une différence entn.: des congén6rcs, alors rnème qu'ils consen·cnt tous des c.1ractéres généraux de la r,1œ et de l.1 famille dont ils sont issus. li \"a sans dire que ces diffén.:nccs sont d'autant moins grandes ou quc ks car;1ct1:rcs originels sont cl'autant plus concordants ,1u'il y a t.:umoins de mt'.:l.rnge dans les accouplements générateurs, pour une même famille ou une m.::mc race, ou inYersement que les disscmbl.rnccs et diflt:rences sont d'autant plus gr.111clesque les mt'.:langcs ont été plus nombreux. Les pseudo-philosophes de l'indiYidu,ilisme pctm:nt nier l'hén:ditt'.:; leur di,ilectiquc ne conY,lÎncra j,1111;1liess t'.:le,·eurs, qui sa\"ent bien qu'il y a plus de chance d'obtenir un beau cheYal de course d'un étalon comme G/adialor a,·ec une jument de pur sang bkn cotée que d'un éulon attelé .i un fardier et accouplée à une jument tarée empruntée à un cocher de fiaçrc. Quoi que nous en disions, quoi que nous puissions faire ou protester, une fatalité originelle plane sur chacun de nous, et nous n:nd directement ou indirectement, et dans une mesure plus ou moins grande, responsables de nos ascendants .. \u point de rnc physiologique, l'enfant d'un sy.philitique, d'un alcoolique, d'un phtisique, d'un cpilcptique, est frappe en naissant d'une dechbnce ou d'une infirmité dont il n'est ni libre ni maitre de se defaire, et qui ne lui permettent pas, comme disent pompeusement les doctrinaires individualistes, de
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