La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

7ro LA REVUE SOCIALISTE Et les alcoolisés, me dircz-Yous, il manque encore cette strophe finak à \'Oire ballade des internes d'Hoogstraetcn. Au risque de déplaire ,i de bouillants antialcoolistes, je dois pourtant m'clcver contre cette opinion. Pour beaucoup l'alcool fut une cause seconde directement engendrée p,ir une des causes premières que je ,·icns d'énumérer et, s'il devint passion dominante chez quelques-uns, c'est uniquement apn:s avoir pris naissance à la suite d'une des circonstances citées pins haut. Leurs confessions naï,·cs rdléta1cnt cette succession d'é,·énements, qu'on essayerait en Yain de nier, et leur n'.:cit se terminait invari,1blemcnt par ces mots : « Alors j'ai bu ... » 10 Dl!cembre. Laissez-moi, après les hàtcs de cc séjour considérés en géncral, ,·ous pn:scntcr en détail deux groupes speciaux étroitement connexes: les chmlÎ11ea11x et ks 111mdia11/s. Entre eux, plus d'un caractère commun se montre. Le chemineau à bout de ressources- cc qui arrive fréquemment - dcYicnt mendiant et réciproquement la majoritc des mendiants étant dépour\'lls de domicile se déclarent volontiers chemineaux. Le trimard ou trimardeur, c'est le jeune ounicr qu'une humeur a,·cnturcuse pousse, aprcs ses années d'apprentissage, à se rendre de Yille en Yillc, travaillant pour Yinc et, à pdnc installé, songeant ot1il ira la semaine sui,·antc. C'est aussi l'ounier adulte qu'atteignent des chômages periodiques et qui émigre pour les éYiter, ou bien le traYailkur dépourrn de capacité proft:ssionnelle qui n'aspire qu'aux gros tr,mrnx et qui cherche :i s'employer comme manœune là ou il trouve un chantier. Les trimards ne se gènent nullement pour mendier lorsque leur bourse est à sec, et on peur m.'.:mcajouter que cc qui est d'abord chez eux l'exception tend à de\'enir la rcgk. Ils ,·culent ètrc trimards aussi, ces marcheurs qui émigrent du sud au nord Ycrs k printemps et redescendent Yers le midi en automne pour passer l'hiver sur les bords de la ?11cditerr~néc ou dans quelques prisons du sud de la France. Ils ont des papiers en règle et prétendent chercher de l'onnage, mais, en réalité, cc sont gcs mendiants. Non seulement ils en ont tout l'extérieur, mais, qui plus est, ils en connaissent tous les secrets. lloogstractcn est une véritable faculté de mendiants. On y prend ses grades en mendicité. Vous y entendrez des cours sur la manière de mendier, sur les procédés les pins propres à cacher la mcndicit!'. : \'ente de papier a lettres on d'autres marchandises, recherche supposée d'ouvrage; des leçons sur les categorics sociales ,\ solliciter de préfcrencc : ministres des cultes, fermiers, consuls, châtelains, etc; enfin une géographie ad boc renseignant pour

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==