UN DÉPOT DE \IE?>DlC!TÊ cc i\loi, je ne tra,·aillc plus, me dit un autre. J'ai tout fait pour ccouvrer n et je n'ai pas réussi; j'ai crcYi; de misi:re, autant crcn;r .'t ne rien faire; apri:s tout, les colonies ne sont pas faites pour les chiens, ni les prisons non plus. n 9 Déc~mbrc. C'est en synthétisant toutes ces obsen·ations incliYiduelks que je suis arriYi: :i c.lrJCl.:riser les principaux groupes de l.t population Je la colonie. j'essaierai de les énumérer brii:œmcnt a\'cc leurs caracti;rcs essentiels. Le i•11gab01p1rdofessio1111cl refuse tout labeur, c'est le réfract,iire dn traYail, t'.:trc malfaisant que h socii:té aurait le droit de poursui\Tc de ses justes rigueurs. Les cbe111i11ea011n1:trimards, comme ils s'intitulent cux-mèmcs, sont ces Yoyagcurs sans le sou qui trainent par les grandes route,, depuis l'ounicr aYidc de Yoir du pays j11squ',1u vagabond qui Yeut se donner une teinte d'ou\Tier sans tr,l\·ail, et qui se promi:ne toute Li bonne saison d'.\msterdam ,\ .\larscillc ou de Pau à l loogstractcn, oü il passe l'hi1·er. Le groupe des repris de justice est nombn:ux. La socii:té les a fli:tris parce qu'ils aYaieat failli, mais la répression a exci:dé ses justes limites. \·aincment ils ont essayt'.: de se hisser au niveau d'une moralité supt'.:ricurc. \'aincus ou rebutés partout d par tous, ils aboutissent :\ Hoogstracten. ,-oici tkux groupes qui doiYcnt ,\ des situations économiques leur s.'.:jour en ces lieux. L'un et l'autre g,ignaicnt honnêtemcnt leur pain quotidien, mais une transformation dé l'outill.ige industriel s'est accomplie, un tarif de douanè a été ré1·isé. .\!oins bien doués que.: d'autres, ils n'ont pu résister à la crise tempor.iire. La sociét.'.: ne leur est point Ycnuc en aide, au nom des sacro-saintes lois naturelles du laisser-foire et du laisser-passer. Elle préfè:re les entretenir à J loogstraetcn. lis n'ont aucune responsabilité 11011 plus, ces Yicillards et ces i1walidcs, qui ont donné toute leur actiYité pour la conquètc du nécessaire et que l':'tge ou un accident ont jetés sur le p,lYt:, les uns sans espoir, les autres aYcc une esp.'.:rance qui di:cro_lt an:c les difficultés croissai.tes d'unè procédure longue et coûteuse contre l.iljucllc leur humble supplique pro deo est dl'.:sannée et impuissante. Sont-ils rèsponsables, ces anciens militaires, sous-officiers partis de l'armée sur la promesse formelle d'un emploi qui ne leur est pas accordé? Leur intégrale incapacit.'.:, leur rudesse, leur pLititudc souYent s'étaient casées dans l'anachronisme militariste. Ils sont tout étonnés que Il societ.'.: ciYile exige plus de sarnir et de c,iractère pour un .'.:gal bien-être. Ils so,1t employés à Hoogstractcn.
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