L'OUBLI Au pays des plaisirs indemnes de rancœurs Où ces bonheurs si doux dont s'étoilent ks songes Seront des vérités et non plus des mensonges, Où d\m fidèle amour s'abrcm·cront les cœurs ... Où quelque audacirnx dé.:ouvrirait, peut-être, La route oü doit m,1rchcr l'errante humanité Pour échapper au joug de b Fat.1lité Et trOuYerait le mot de l'énigme de l'l~trc. Et tous les imprudents affronteurs d'infinis, lgnorant si le sort ménage des tempêtes, Pour,ui,·ent des dêsirs inouïs de conquêtes \'ers le seuil séduisant des horizons bénis. Ils YOnt, ils ,·ont toujours ... qu,111dsoudain un orage Surprend les \'Oyagcurs pleins de sérénité. Que le souffie brutal de la réalité Fait succomber en foule au lugubre n.iufrage. Et l'homm.: qui rêYa, durant de courts moments, Pour ses frêles bonheurs une réelle ivresse, Se réveille, accablé d'une affreuse détresse; Il découvre la \'ic et ses é.:œurcmcnts. P,1rtout il aperçoit, sur les flots, sur les grê\'CS Où tentaient d'atterrir les frêles insensés, Par les flux ü reflux s.ms cesse bal.1ncés, , Des épaYes de cœur et des débris de réYCS... . . . C'est un décret fatal que nous subissons tous; Nus bonheurs les plus purs sont tr.1111édse souffrances Et lorsque nous YOulons s,1isir nos espérances, i\ous les ,·oyons s'enfuir et déjà loin de nous. Au fond du cœur toujours il saigne la blessure D'un amour infini qui cherche il s'épancher, Et nos tristes amours, en croyant l'étancher, Laissent encor sur lui chacun sa meurtrissure. Antique dt'.!ité,la Destinée est 1.\ Qui nous tient pantelants, gémissants, à l'attache : li faudra jusqu'au bout mener la lourde tâche Sans saYoir d'où l'on vient, sans saYoir où l'on ""· •
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==