La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LES REVENDICATIOXS ou,·RIERES Sans doute, un certain nombre de ces re,·endications sont cncorc un peu ,·.igues, d'autres pcu\'ent encore porter it faux, mais c'est un achcmincment; et nous aYons la ferme con,·iction de les YOirse préciser, s'unifier d:rns le prochain congn'.:s et nous ne saurions trop conseiller aux futurs délégués et rapporteurs de réfléchir :\ la simplification et à Li portée incalculable de l'opposition du droit sn11ilnirc au droit q11irilnirc. C'est le plus puissant antidote à la propriété, au capitalisme. C'cst, en effct, opposer un intén'.:t à un autre intérO::t, puisque c\.:st mettre les cxploitcurs et les pri,·ilégiés dans la nécessité de choisir entre deux p.trtis : ou n.:fréncr leur exploitation de l'homme ou bien p:1yer eux-mêmes les conséquences de leur abus de la force humaine. T.int qu'on ne fera que crier contre la tyrannie du capital, contre 1\.:xploitation des prolétaires par les bourgeois, nous Ycrrons ceux-ci se draper dans le manteau de la liberté et inYoqul'.r ks droits sacrés de la propri.'.:té. ;.lais. qu'au lieu de ces déclamations de part et d'autre, on en arriYe ,1 rcYcndiqucr et à prodamer le droit sa11itaire t aussitôt nous Ycrrons k tableau changer. Or, pour attirer l'attention des pouYoirs publi.:s sur l'urgence d'une pan:ille loi, il n'y a bcsoin ni dc déclamcr contrc les capitalistcs, ni ùc menacer la propriété, ni de bonlcYerser la société, il suffit de montrer cc qui est, de tlé,·oilcr les naics causes d.: la dépopulation tk la France, de l'affaiblissem.:nt de la nation, de l'aggraYation progressi,·c et continue du budget de l'assi,tance publique.: par l'étiolement et la dégénérescence dc notrc race sous l'influence des empoisonnements alimentaires dc toutes sortes, des rayages de 1'.1lcooli,mt:, de l'infection et de la contagion dcs malaclies transmissibks, des insalubrités diYerses des habitations ouvri.:n.:s, des centres popukux, dcs milieux industriels. C'est ce qu'il nous .1 été facile de démontn.:r dans notre Q11es/io1s1a11itnire, en nous basant, non pas sur des thfories ou tics intén:ts de parti, mais uniquement sur les réYé:- 1.ttions inquict,l!ltes de la statistique et sur les aYcrtissements incess:tnts de tous les homm~s compétents. Cc qu'il faut que les soci.tlistes comprennent bien, c'est que la Q11estio1s1ociale ainsi posée et ainsi en,·is.igéc apparJitr.t à tout k monde commt une question d'intêrèt commun, comme une question de sauyegarde nationale, c'est-à-di:·e, en un mot, comme une Yraie question de co11servatios1o1ciale. Tout le monde, en effet, comprend que la santé est le premier de tous les biens. Seulement, cc qu'on n'a pas assez compris jusqu'ici, c'est que la santé est le patrimoine de tous, c'est que la santé des uns est la condition de santé des autres ; ce n'est point là une question de classe, ni de parti : c'est une question d'intérêt commun en même temps que d'intérêt indiYiduel. Il ne peut être indifférent à personne, par exemple, que nous

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