LA REVUE SOCIALISTE soyons efficacement protégés contre les falsifications alimentaires, car personne ne peut se flatter de pou,·oir toujours sùrement y échapper. Les doctrines nouvelles sur la contagion et l'infection nous font encore mieux comprendre l'intérêt que nous avons tous :'t é\·itcr les foyers de contagion et d'infection, puisque nous savons maintenant que leur danger augmente avec le nombre des malades. C'est assurément cette notion de l'ctroite solidarité ou nous sommes tous vis-à-vis de la maladie contagieuse qui fait k succés des idées nouvelles d'assainissement et de prophylaxie. Ici le « chacun pour soi », le « laissez-faire », si cher aux economistes, n'est plus de mise; chacun comprend que, en fait de sante, cc que l'un perd n'est plus un gain pour l'autre, comme dans le jeu des intérêts pécuniaires; tout le monde comprend qu'on ne peut raisonner au sujet de la santé comme au sujet des questions d'argent, puisque l'atteinte ponce à la santé de l'un, non seulement ne constitue point un gain pour le voisin, mais de\'ient au contraire un danger par les chances de contagion et une charge par les répercussions de toutes sortes, soit sous forme d'impôt, soit sous forme de scn•ice militaire, soit sous forme d'affaiblissement national. D'antre part, n'est-il pas profondément suggestif et Î:ri:sencourageant de rnir ainsi l'intérêt général bien compris concorder si bien avec l'intfrêt individuel; n'est-cc pas li l'idéal social par excellence et la base la plus solide et la plus fecondc de la justice, telle que la comprend et la n'.:clame le parti d..:s opprimés et des victimes de notre vieille société trop exclusivement édifiée sur les priviléges? N'est-il pas très significatif de voir ainsi la science vraie, la scimcede lit vie, venir confirmer les revendications fondamentales, humanitaires du socialisme, qu'on accuse tantôt d'être utopique, tantôt d'être révolutionnaire? A qui fcra-t-on croire de bonne foi, par exemple, que tout serait perdu parce qu'on accorderait dorénavant à la protection et la défense de la santé les mêmes prérogatives, les mêmes droits et la même sollicitude que les hommes, aveuglés jusqu'ici sur leurs véritables intérèts, ont accorde trop exclusivement à la propricté et :'t leurs questions d'argent? Est-il vrai que toujours l'intérêt privé, cc grand mobile des actions humaines, sera ingenieux it chercher par des interprétations subtiles :'t tourner les textes positifs de nos lois, et par toutes espèces de moyens à en éluder l'application ou les effets? Ou trouverons-nous une meilleure garantie des droits de chacun à jouir et à profiter de sa santé que le principe de notre droit sanitaire entrainant la responsabilité effective de l'auteur du dommage causé, et cela conformément au principe de toute législation basée sur la justice? Croit-on, par exemple, que la falsification alimentaire ne sera pas plus sùrement entravée par la perspective, pour le fabricant comme pour le débitant, d'avoir :'t indemniser individuellement toutes les victimes au lieu de n'avoir à craindre que
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