La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA RE\'UE SOCIALISTE et d'accomplir clics-mêmes leur destinée, et sont au mèmc titre responsables de cette poursuite et de cèt accomplissement. Ici s'applique le pri11cipe de l'égalité des conditions qui veut que nous puissions tous profiter également des ressources que la nature nous offre pour exercer nos dforts. Or, au point de nie économique, dire que l'homme n'est une personne morale que dans la soci.:té et par la société, que tous les homm-::s, dans la société, sont également des personnes morales, et doin:nt pou,·oir profiter également des ressources naturelles qui leur sont offertes pour poursuine leur fin et accomplir leur destinée, c'est dire que les terres appartiennent à l'État. L'État, étant propriétaire des terres, sera propriétaire des rentes (Lemme !) et propriétaire des f.:rmages ainsi que des produits, reYenus consommables ou capitaux neufs, acquis par lui aYcc ses formages (Lemme Il). Il subsistera au moyen de ces reYcnus, sans rien demander :\ l'indiYidu, ni :\ titre d'impôt, ni m0me :\ titre d'emprunt, et, en outre, laissera aux gt'.:11ératio11s postérieures des capitaux, non seulement entretenus, mais agran,lis, accrus et multipliés, comme les générations antérieures lui en ont bissé :\ lui-m0me. Les terres n'appartiennent pas :\ tous les hommes d'une g.:neration ; elles appartiennent à l'humanité, c'est-ùdire .\ toutes les générations d'hommes. Si la socicté etait un fait conYentionnc.l et libre, les indh·idus contractant pour l'é:tablir pourraient décider un partage égal des terres entre eux; mais, si clic est un fait naturel et nécessaire, tout-:: aliénation des terres est contraire au droit naturel, parce qu'elle lèse les gencrations futures. En termes juridiqu<.'.s, l'humanitc est proprictaire, Cl la genér,ition prcscntc est usufruitit'.:n: des terres. li y a eu, jusqu'ici, pour l'espèce humaine, cinq etats ou régimes économiques abstraits, dont les combinaisons, s'opérant d'une façon plus ou moins ré:gulière par superposition, constituent ks états ou régimes reels : 1° l'état sam·agc, qui est l'<:tat de cbnsse el de pêcbe; 2° l'état pasi<'ml; 3° l'état agricole, ou l'on commence à culti\'cr la terre et dans lequel la chasse, la pêche et l'clcYagc des troup-::aux ne sont plus que des opcrations spccialcs dans l'œune générale de l'agriculture; .p l'ctat i11d11s/riel, dans lequel l'industrie manufacturière prentl, à côté ,k l'industrie agricole, une place considérable; et 5° l'etat co111111ercial, dans lequel les di,·crscs nations, ne se contentant plus de leurs propres produits, se procurent, par Yoic d'echange, les p;oduits les unes des autres, et qui suit de très pn:s l'état industriel. . Daus l'ét.lt de chasse et de p0che et dans l'état pastoral, les terres appartiennent a la communauté. Les défenseurs attitrés de la propriété fonci.:rc indiYiduclle affirment d'ordinaire que, dans les deux premiers états économiques, cette propriété: « n'existe pas ». C'est une erreur

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