La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE mettn! it s.1pbce. Bien au contraire, depuis que je suis it Londres, je n'ai cessé de les combattre .. \ussi, j'ai été obligé de me séparer d'eux et de donner ma démission de la branche française, ainsi que tous les socialistes. Ces hommesLi ont des phrases toutes faites qui leur suffisent et quand,sur tous les tons, ils ont r~péti: ces trois mots : liberté, égalité, fraternité, la foule applaudit. C'est triste. Je suis heureux d'apprendre qu'à Lyon vous êtes dans la bonne voie. Rien n'était si difficile, malgré la poussée Je l'i<lce socialiste, que de s.'.:p,m:r alors en France les revendications sociales des luttes de la politique, auxquelles on etait plus habitut'.: et dont on ne YOulait pas Yoir la st.'.:rilit.'.:.Les souffrances économiques d.::riYaient encore une fois d,ms l'enceinte inhospitaliérc où le bruit des fanfan:s ,;clatantcs étouffe facilement la plainte des espfrances tromp.::cs. Le désir d'en finir aY..:c l'Empire se mèlait aYec de plus hautes, mais yagucs aspirations, et leur donnait une apparence de r.::alisation prochaine . .\lalon écrinit à Lyon, le 28 mars 1869 : Les réunions publiques à Paris onr continué leur œuYrc révolutionnaire. Économistes au début, ensuite mutucllistcs, vaguement socialistes plus tard, clics prennent de plus en plus la teinte du communisme ré,·olutionnaire. En cc moment, il y en a de deux sortes. Celles du cœur de Paris, qui ont tant fait de bruit d'abord, sont restées purement libérales en politique et cqr.ictéristiquemcnt communistes en économie soci.ilc. Aussi, est-ce sur celleslà que tombem toutes les foudres de l'administration. Soixante orateurs au moins ont comparu dc\'ant la sixième chambre et subi des condamnations, qui ,·ont de quinze jours .1 huit mois de prison, de 50 à 2,000 francs d'amende. \'ous deYez a,·oir entendu les échos de la presse libérale contre ces malencontreuses réunions, dont les orat<:urs se mêlent de dire que le peuple est • enfin majeur, qu'il faut qu'il prennc la gérance de ses affairt:s, que jusqu'ici presque wus ses mandataires l'ont trompé, qu'il ne faut oublin ni juin, ni déct:mbrc, que toutc la philosophie sociale repose sur l'athéism<:, sur la n.:gation Je b propriéte individuelle. en un mot sur le communisme pris dans la plus 1.irgc acc.:ption du mot. Aussi, est-il é,·ident pour tout esprit bourgeois que ceux qui profèrent de tels blasphemes sont d.:s stipendiés du hon,ipartisme. Les fouJrcs de l'dlctan, de Garnier-1\igès, d'Olli,·icr ont i:cl.ué en plun Corps legisbtif. Et con1mc ces rnên1cs or:ncurs, 5lipnulils du gouï..•i1ntt'm1·11t, persistent {t dire que le régime d'oppression qui pèse sur la France touche ,i s,1fin, que l'èrc des massacreurs du peuple doit 0tre passée, que le remède aux maux du présent est dans la ré,·olution politique et sociale, le gom·crncment redouble de rigueur. - On ne discute pas a\'CCle socialisme, on le supprime! s'écrie le Pa;s; s'il le faut, nnus ne reculcrom pas devant un second juin. - En présence de telles choses, l'opinion publique est di\'iséc, les uns pensent que le moment de la lutte n'est pas éloigné et qu'il faut le hcîtcr. D'autres croient qu'il faut laisser acl1e,·er l.1révolution d,ms le, i,lé..:s, que plus celle-ci sera mùre, plus la révolution de fait ser,1 possible. Entre ceux-ci et les rérnlutionnaircs plus prcs,és, il n ·y ,1 presque point de di,·ergcnces; tous veulent un rem·erscmcm

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