La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LES PROPAGATEURS DE Ù~TER~ATIOXALE E:-1 FRAXCE 653 faycur du maintien de l'ordre social actuel. li est certain que, dans cc cas, il eùt aussi bien réussi que son compatriote Rou\·icr et, au lieu de mourir oublié et méconnu, il serait encore bien Yi\·ant au milieu des gloires de l'opportunisme, prenant comme ceux-là son parti <lu rcik cxpcctant des républicains extrèmes. De ces cinq hommes du peuple, ks Yéritables fondateurs de l'[ntcrnationak en France, trois sont morts, les deux autr<.:s ne sont plus d.111sl'action. La société est d.:barrassée <l\:ux tous. L'œunc qu'ils dirigeaient en commun a été reprise par d'autre:; sous d'.1utn;s formes. Ces derniers ont ét.: plus heureux et ont eu en partie ks succcs refusés aux premi<.:rs initiateurs. Le prolct.1riat pourra errer et tJtonncr encore, mais il ne s'.1m;tera plus <lam sa marche Yers l'émancip,nion finale. * * * Le Y.:ritablc but de l'Internationale n'.:tait que l'organisation des forces ouYricres; cc n'est que par suite de déviations accidentelles du mouwmcnt que des idées plus théoriques, des progrc1mmcs plus absolus, se fin:nt jour dans ks sections et y j<.:tcrent des forments de diYision. '.\om croyons qu'il ne sera pas inutile aux socialistes du prcsent qui voudraient profiter de l'expérience du passe de pouYoir retroun:r dans l'œuYre tounm·ntéc des premiers soci,1listcs prolétaires, an:c les indiœs pn:cursuirs des difficultés futures, l'exposé des idccs et des scntim<.:nts dont l'.:closion tumultueuse embrasait ks esprits oü soufll.1icnt déj,i tant d'orages. )1ous publierons ,i cet effet des <.:xtraits de quelques lettres imponantcs de ~lalon, de \"arlin, d'Aubry cr de B.1stclica. i\!ais auparaYant, une courte lettre d'Eug.;ne Dupont, le sccn:taire du cons1:il général de l'[nt<:rnatiomle, donner,1 une idéc prccisc des graYcs ,liss<.:ntimcnts qui scparai1:nt alors les n:publicains, ne Yisant qu';i un changement de n:gime politique, <.:t les socialistes, trndant :i la n'.:formc de l'ordre social. Eugcne Dupont écri\·ait :\ Lyon, le I 3 aoùt 1868: ]'-' \"OUS dir,1i que, pour nous, la r.::\"olution est toute ,fans Lt question soci,1k; œ qu'il fam changer, c'est le fond et non Lt fonne. En .\mériquc, la R.::publiquc et l.1 liberté existent et k peuple y e,t exploit,'.; tout comme en Europe. En .\ngletcrre, 1.i liberté existe aussi, mais des millions d<: .:ré.Hures y sont sans ,1bri, s,rns ,·~tcmem et sans pain. La liberté tdlt: qu'elle existe, telle que l.1,·eut ht bourgeoisie, c'est 1't:ngr,1isdu c,tpit.tl. \'ous a,-cz pcut-c:trc supposé qu'à Londres je m\:•tais épris de l'un ou de l'.nnrc de nos proscrits, lesquels ne ,·oient la ré,·olution que dans lt: ch,mgemcnt d\m homme. Bonaparte tué, il n'y a plus qu'une chose à faire, k>

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