La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

CRITIQ\;E ~ICSICALE O.rns le ballet, qui représente le mystcn.: de la Saint-Jean, au deuxicme acte, je citerai l.1mt'.:lodie \·oluptueusc, assez courte, du 11° r (danse: des compagnes de S.tlomt'.:). et les gracieuses iust'.:cs de petitcs Aùtcs du 11° 2 (danse Yi\·c de Salomt'.:). Le troisi.:nH: acte n'est, pour ainsi dire, qu'un long duo d'.1mour; on y trouYc, .i dt'.:faut de grand élan dramatique et de fougueuse p.1ssion, de fort jolies et gracieuses cantilénc.:s : cc sont les mcloJieusc:s phrases du tt'.:nor, Sc111blabfr ,i la dùssc (page 3 1 3) et Je ;,ous ai t,>11jv1irs aimù (p.1gc 319); c\:st Li gr.ice 0ndoy.intc.: du rythme. l.1 fr,1ichcur lyrique du ch.un dans ccttc.: autre phr.1sc : Ai111e-111,>mi,a Di1111e (page 232). Le quatric:me acte est tr.:s c,)urt: jc n'y signale que Li scn,uc.:llc.: cn\·oléc.: de l'hymne.: d'amour (p,1gc.:3ï6), dit .i l'unisson par les deux YOixde té:nor (Jc,rn) et de sopr.1no (!kilt'.:), et que !',tir: Ab! pv11rq11c 1i 111'11i111cs-/11? (page 385), simple, mais d'un beau caractc:n:. Les proct'.:,lt'.:sh.trtnoniques c.:mployé:s dans Hd/c! indiquun chez le compositeur un goùt dé:licat, une faudition n'.:clk. Ses rc.:ntré:cssont toujours tn:s soignées: celle du chœur religieux dcfc1dic:zc mineur c:t si majeur (page -11); le dimi1111mdo tn'.:s réussi qui Ltmérn.: l.t phrase de l'itwocation d'Hcllé: (page 112); le joli ralla11- /1111do de la pri.:rc d'Hellé ,i Diane (page 212). II aime ,1 tc:rminc:r l.t mélodie ,i la dominante.: de l'accord (page 15), ou ,t Lt tic:rce (p.tges 315, 320), cc qui donne ,i la phr,1sc.:musicale du charme,. ,i mer de cadences rompues que l'on rencontn: fn:qucmment. Les modul,nions, nombreuses, sont heureuses et ,1gré.1hles. Je rcmarqm: une courte phr,1s..: dcs cuiYres intcrromp,tnt le récitatif de G,nnhin : Parc, dt jlt'llrs 1w lcmplt's, modu1'tnt ,i l.1 tierce majeure.: supérieure, reprise trois fois d.rns des ton,1lités différentes, à l.1 quarte supérieure les unes des autres (p,1gc I 55), donnant une impression de ph:nitudc p,1r une belle sonorité. Les modulations chromatiques de l'air do:Gauthier: Oblisse,ù 111011 Jils (pages 260, 261) sont intéressantes; un court dessin d'orchestre, pris dans une série montante d'accords de scpticmc diminué<.:, se fait entendre quatre fois, d'une allure Yigourcuse. Enfin, je cite l'harmonisation curieuse d'un passage de l.1 Prih-e ii. Diane (page 21 r) : péd,1le intérieure de tonique, accords de scptiO::mc de susùominante d,ms leur second rcnYersc1rn:nt se résoh·,rnt sur l'accord de tonique mineure, :tYCCmou\·emcnt syncopé dc tierce aux basses. La mise en sc.::nc d'Hel/J est magnifique; l'interprétation est tout :i fait remarquable. l\[01c Rose Caron (Hellé) est mcrYcilleusc de sens dr.unatique,

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