La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

U REYUE SOCIAUSTJ! <l'émotion, <leYOix, et de tenue; M. Renaud fait prcuYe de belles qualités de ch.tntcur et de comédien dans le personnage de Gauthier; k rôle de jGln est fort bien chanté par .\1. .\h·arcz, trés en progrès. C'est un cxcdlcnt ténor d'amour. L'amour? La nrnsique n'en est-clic pas Li l.rnguc p,1r excellence? li n'y a pas de cl1ef-d'œm·rc lyrique oü l'amour soit complètement étranger; il n'y en a que bien peu, deux ou trois exceptions, comme le Frrysrlnïlz ou C11il/1111111c 'li•//, oü il occupe une place secondaire. D.rns le mcn·eillcux répertoire dc L1musique pathétique, couronné si supcrbcmcnt par la sensualité pittoresque des productions dc Berlioz et par la furie passionnellement extra-humaine de Tris/1111et Ym1lt, 01 pbù, le pur chcf-d'œuvrc de Glück, peut l'.:trcconsidéré comme le prcmier Yrai drame d'amour. Le sujc.:t, puisé ,1ux sources les plus limpides de l'antiquité, dans ks Ycrs de mid cl d',1zur du di,·in \ïrgile, se n:sumc tout entier dans l'Amour sun·i,·ant i Lt mort, l'.\mour-martyr puisant dans la douleur l'énergie.: c.:tla force de vaincre les obstacles les plus insurmontables. \"érité puissante.: cl étcrnt:llc ! >;'\:st-cc pas l'amour, en dfct, qui a toujours animé les belles actions, toujours stimulé les nobles enthousiasmes? .\mour de la Beautè et de l'idéal, qui fait vibrer les artistiques génics; amour de: la \'érité et de l'Humanité, qui crée les grands réform.ncurs social!,. La p.1rtition d'Orpbù est un enchantement; si l'orchestration paraît monotone i la lcctun::, an:c ses longs accompagm:mcnts du quatuor, que vient seulement rehausser de temps en temps une cantilène de flûte ou de hautbois, avec ses dessins de forme et d'allures scmhlablcs, quel plaisir, quelle émotion ne ressent-on pas ,i l'au<lition ! Et quelle intensiti: <l'expression, quelle majcsti:, quelle douleur dans les rccitatifs ùu prcmkr acte : A11x 1111Î11seascrés 11E' 111:1'dia r,•ud,·z l,·s rnprêmrs bo1111rnrs ..... F11rydice11'cspl lus cl je re.1pire mù>rc ' Certes, cc sont des pages de belle inspiration quc !'.tir fameux : Oljd ,fr 111t111n111,,,1r, d'une joliesse si mélancolique, où le timbre du cor angbis se marie si bien .i l'octave avec la voix du contralto, et que la gracicusc cantilène de l'amour : St111111ni1s1si!t'llcc, d'un accompagnement si neuf des Yiolons scandant le premier temps de la mesure en pi,zirali de triples cordes. ~lais les récitatifs sont plus simples et plus touchants. C'est comme cela que l'on aime, et aussi que l'on pleure. Impossible dc mieux tra• Juin:, a,-cc si peu de notes, l.1 suprême tristesse qui di:scspèrc un cœur. On Il<: rencontre pas moins de beautés de premier ordre dans le dcuxi.:-mc acte d'Orj>hù : la scène aux enfers et la scène aux Champs Eh-s.:es.

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