LA PROPRIÉTÉ FONCIÈRE A JAVA 547 distinguait la propriété absolue et la propriété privée héréditaire, qu'il appelait le bail éternel et pour lequel on payait un impôt foncier. Et cc régime est encore reconnu maintenant dans ks cours indépendantes de « Solo et de Djokdjo », oü le sou,·erain est le propriétaire absolu et ne donne le droit de cultiYer ses terres qu'à ceux qui remplisst:nt les obligations qu'il lui plait de lui imposer. L'indigéne reconnait le droit du sou•;crain de disposer arbitrairement de tout cc qu'il posscde, donc aussi de ses terres, droit que l'islam ne reconnait p,is . • • • Des maitres nouycaux traversèrent les mers. Des a,·enturicrs portugais, des brigands espag110/s et des marchands bo/1111,dais aYaient mis pied à terre sur « l'ile d'cmeraudc ». Par ruse et Yiolencc, par intrigue, parjure et trahison, les Hollandais aYaient réussi à se fixer a Ja,·a, à éloigner tous les concurrents et à se donner le monopole du commerce. Les JaYanais étaient à cette époque - seiziO::mc siècle - un peuple de commerçants et de hardis naYigarcurs; leurs Yaisseaux croisaient dans les parages lointains et allaient même à i\ladagascar. Les luttes sanglantes entre le sirnïs111e t l'islam n'aYaicnt pas encore cessé, et ces guerres continuelles ruinaient b prosperite du pays et le bonheur des habitants. La terre de Jaya était partagée entre plusieurs princes, qui de plus en plus reconnaissaient la suzeraineté du roi de i\fataram. Les Hollandais surent adroitement tirer parti de la situation et acquirent, surtout apn:s que toutes les petites Compagnies marchandes se furent réunies en une seule grande Compagnie - la Oost lndischc Compagnie - une grande influence dans tout le pays. Leurs comptoirs dcYenaient peu à peu des résidL'nces de gouYernemcnt et dcYi,irL'nt une puissance souYerainr. En .'.tendant leurs droits et leurs possessions, ils firent lentement naitre le puissant empire de l'J11rn/i11de. Le gain était le seul mobile Je ces commerçants aYides d'or, qui ne n:culaient deYant aucun moyen pour augmenter leurs trésors. L'histoin:: de la Compagnie des Indes est écrite a,·ec du sang. Elle a commis ks crimes les plus atroces et son nom inspire encore la haine d la tt.:rn::ur à la population opprimée de JaYa. L'or était son seul but, dut-clic pour l'acquérir ruiner les contrées et exterminer les habitants. Laissant les mains libres aux princes indigt:ncs qui se linaicnt au pillage et aux cruautes sans nom, la Compagnie força ceux-ci à Yolcr les Ja,·anais par les co11ti11ge11ts et les redcva11res(1). Les indigènes dc,:aicnt apporter (1) Co11ti11ge1it:s part des li'\·raisons ~n nature mist: ,1. l,i charge de ch.1que circonscription territoriale. Redevances: livraisons forcé(!Scontr~ d~s prix d~ri::;oires.
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