LA PROPRIETE FO~CIERE A JA\.A 545 trouYe encore des pierres, dont les inscriptions datent du huitième siècle, oü l'on mentionne les limites des do11s de terrains faits à un cou,·cnt, ou :i des membres lk la famille, par les rois, qui parfois faisaient cadeau de tout un \·illage, habitants compris. Le gouYcrnemcnt était féodal et les \'assaux rendaient le Yillage entier responsable Jes con·ées et des impôts, ainsi que des traYaux d'irrigation pour les rizicrcs, que les Hindous aYaient introduites:\ Ja\·a. La propriélé dcYint plus importante que la popul.ition, et, de mème que, sous Louis Capet et Jean [cr, les rois « des Français » et « des :\nglais » prenaient le nom de rois de France et d'Angleterre, les puissants rois Je ~!oJjopahit et de P.1djadjaran pouYaient se dire les sou\·erains de l'ile de jaYa. En cela ils sui\·:üent l'adal qui s'était dèYeloppé jusqu'au huitième siècle, époque à Liquelle JaYa se trouYait dans un état de ci,·ilisation assez a\':rncée et possédait un gou\'crnement assez bien administré. Le « Koet:\ra ~!itnawa » - un des anciens cotks - parle déjà de la terre comme « de la propriété du roi, laissée :i l'usage du cultiYateur ». Et, :i l'article 100, il est dit que, qu:md qudqu'un donne sa terre en gage, le gage ne peut expirer, car la /erre apparfimt au s0111•crai11. La vente des terres était donc défendue, on ne pouYait troquer que les fruits et les arbres. Les indigènes n'étaient, par conséquent, ni esclan:s, ni serfs, mais seulement ils constituaient le dernier échelon de l'échelle sociale. C'étaient :i eux qu'on laissait le soin de nourrir les c:istcs priYi_ légièes, « dont la charrue ne pou,·ait blesser la terre». Les rc\·enus des grands se composaient d'une partie de la n:colte ( en gént'.ral un sixième, quelquefois un quart du produit), d'un impot sur les produits du tr:iYail, sur les mét:mx prècieux, les achats et les Yentcs, un impôt de capitation et des corYécs particuliércment accablants, pour la construction des cnormes temples bouddhistes, que nous admirons encore. La co111111111ia11lé de vi lage, bien qu'assez génèralc autrefois dans !'Hindoustan, n'était pas une institution aryenne. Sous le despotisme oriental, se basant sur une aristocratie féodale, clic disparut presque enticremcnt, de mème que la geus rorn:iine disparait sous la puissance des empereurs. C'est surtout dans la partie Ouest de l'ile que la population sut maintenir ses droits sur la terre contre l'usurpation des rois cr, ay:int longtemps passé le temps de la gens, c'est dans ces pays s011da11nis que la possession des terres se rapproche le plus de notre systèmcc de propriété indi\'iduellc. Dans la proYince de Ba11/11111 surtout, le défrichement donnait le droit de propriété; droit qui n'admettait pas de prescription, comme c'était le cas gem:ralcment dans le reste de Ja,·.1. Le communisme de la geus et la possession communak aYait donc disparu de JaYa durant b domination hincloue, qui reconnais~ait 35
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