5 ,_, LA REVUE SOCIALISTE tcurs hi11do11s vinrent ,i Jal't1, l'ile .'.:tait habitée p,1r des sauvages nom.Hies, vi,·,rnt en tribus sous l'autorité: des chefs de famille. Les indigl':nc:s.n·aient apprirnise quc:lques animaux, ils savaient fabriquer la vaiss.:lk de terre cuite, ils culti,·aient quelques plantes, mais ils n'av,iient pour toutes armes que la lance et la tulupan (1). Les mé:taux é:taient encore inconnus. Ch.igue tribu avait son territoire, où les biens immobiliers é:tai.:nt possedé:s en commun, et où l'unité politique .:tait fonnec par ces i•i/lagcsco1111111111ilies (communautés de villages) que Henri Sumner ,\!aine :1décrites pour !'Hindoustan. Le nom si111a, qu'en vieux javanais on donnait au terrain communal, avait la même signification que le 11111rk des pays germaniques. Cc communisme de la «gens» (2), dont on retrouve des traces dans toutes les parties du globe, et dont Strabon fait encore mention pour !'Hindoustan, 11'a pas tardé :i disparaitre sous l'influence tles llindous. Ceux-ci, étant peu 110.mbreux, .'.:taient ;ussi impuissants que les Germains ,'t detruire la ci,·ilisation rom.tine. Cependant, les :rnciennes coutumes de Ja1·.1 ne disparurent pas complt'.:tcmcnt, et, m:1lgre la domination étrang0rc, l' « aJat » (coutume) conscn·ait une gr,1mk partie de son influence . .\!ais les castes vinrent; ks princes, les guerriers et ks pr0trcs formt:rent les classes privilégiées des ilI)'IIS, kshnlriya's et braln11n1111's, laissant tout le travail et les peines au ço11tlrn, qui n'avait qu'.\ courber la t0te sous le joug des tyrans. Dcdaignant tout travail, les v.1inqueurs obligeaient l'indigt:ne à peiner pour eux en cultivant leurs terres, ou bien ils lui cnlel'aient les fruits de ses récoltes et ne lui laissait:nt aucun droit. Les tyr.rns disposaient des biens et de la vie du çoudra, qui n'avait de ,·aleur que comme b0te de somme. « Le roi fna avec ses sujcts ce qu'il lui plaira, prcnant le produit de son travail ou I.1vie du travailleur. ,, Bien que les lois de .\l,111011, importées ù Jaya dans le Mri1111 r11db11n11(1a1slnr. reconnaissent la propriété privec de la terre, dont k roi pou1-.1it exiger seulc1rn:nt une partie d~s récoltes; en rblite, les terres étaient devenUl'S h propriété absolue du sou,·erain, qui en disposait à son gré. Les princes augme11taient leur part du produit, et forçaient soun:nt ks cultivateurs à émigrer en abandonnant leurs tcrn:s. On (1) Tulup.rn, sorti.::Je soub:icane ;n•cc bqudk on lanç:tit des flèd1cs empoisonnée!:>. (2) On lit d:rns h· Pratmfo, le cantique des cantiques de l:t vieille Inde : « Il n'y avait p.1s de ..:a~tcs, c.1r l';tmbition n'èt.1!t p,1s c111,:orcnée, et le nul n',tv,lit JUS encore obligê le'>hommes :'l se réunir en troupeaux et :t exercer une domination sur l'c:rnet la terre, Ji-.;int au voy.1gcur cxtènuê : <i Cette source m'appartient, Cè riz c:,t :, moi. N'y « touchez pasou je vous tue! 1) (D.1gcr,1:1dj,uin 1892). L1 culture Ct:1itcollc,ti\'c et l'on part,tg~.1i1 :1. r~cohc ,•.
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