La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

5.12 LA RE\'UE SOCIALISTE 1883, les paysans russes ont reçu k droit de propriét~ que les Javanais ne possi:,knt pas encore, tandis que la mark a presque enti;;rcmcnt disparu. Là où ks terres n'appartiennent pas à la communauté, la différence entre nom.: droit de propriété et la possession in<lividudlc et hén:ditain: ù Ja\·a est peu considerablc. L'indigi:ne peut Yendrc ou louer ses champs, il peut les hypothéquer, faire des contrats pour les laisser cultiver c'n métayage, ks donner à la mainmorte; il peut en <lisposn par don ou testament. En somme, son 111rlik ne diffo:rc de notre droit de propriété que par la souveraineté du gouvernement. Par la loi agraire de r 872, on a voulu abolir cette ,krnicrc entrave et donner le droit à l'indigcne de changer sa possessio11 indi\·iduelle en propriété absolue. li n'y a de restriction que pour la \·ente aux non indigènes; seulement fort peu de ja\·anais en ont profite. En vingt ans il n'y a pas plus de 5,030 bahoe's qui aient demandé et obtenu ces titres de propri.'.:té. La « conversion » des terrains commu11,1ux en possessions individuelles a march.:: plus vite. Depuis le commencement du siècle jusqu'en r865, la proprieté communal<: gagnait du terrain, gr.ice aux mesures politiques dont nous parlerons plus tard. Depuis cc temps, la possession i11dii•id11ell1• augmente: En 1882, elle comprenait 43. r O O de la superficie totale; en 1887. ·IÏ·3 °o et en 1892 48.2°/o- Durant les dcrnicrcs années, il y eut un am:t dans cette tendance à <liYiser I.1propriétl'. collective pour la rendre indi\·i,lucllc. Les terres qui ne sont pas poss.'.:dces p,1r les indigènes sont données p:ir le goU\·erncment en bail ou emphytfose (rï0,7H bahoc's), pour la culture <le café, thé, sucre et tabac, à des Européens; puis 1, 568,96ï bahoc.:'s ont été vendus à des particuliers qui jouissent maintenant des mêmes droits qu'autrefois le souverain, tandis qu'il y :i 55,483 bahoc's que les prinçcs indigcncs indépendants ont cédés à des industriels européens, en cédant en même temps leurs droits. Toutes les terres sont Jonc la propriété absolue du sou\·erain, qui peut c.'.:dcr une partie de ses droits à des indi\'idus ou à des commu11.1utés, .1ux conditions qu'il lui plait. Ces conditions sont souYcnt tclkment dures, par les impôts et par les corvéc.:s, que, de.:même que Jans le mir, il faut quelquefois forcer le paysan ù culti\·c.:r ses terres. Com1m: Cil Russie, la propriété collcctiYe, bien qu'asscz étendue, est <le cré:ttion n'.cc.:ntc. Jusqu'à la fin du seizième sicclc, les paysans russes ét.1ient des propriétain:s indepcmlants; LIii ukase du tsar fédor (1592) le, lia à la tern:; la capitation, les corv~.:s et autres impôts, <lont on rendait responsable le vill:tg•~ entier, favorisèrent rapidement la proprii:té du mir, <:t celui-ci, dans les provinccs du centn:, constitua plus des neuf dixiemcs de la propriété individuelle. En Russie, comme à

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