La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA PROPRIETE FO:S:ClERE A JA \".\ wrgt.:rs et ks potagers. Ct.:s terrains sont ;\ peu pn:s proprictc: inJiviJuclle, bien que dans quelques contrc:cs on ne reconnaisse :1 l'indigène qut.: la propricté de la maison, dt.:s arbres et des fruits, tandis que les terres appartiennent au som·t.:rain. 2° Les t,·rnti11srnlti1•és, où l'on distingue les sa.i•al/s (rizit'.:res) et les légalla11's. Ces dcrniéres sont possc:dées indi\'iJucllcmcm, mais de\'icnncnt proprieté commune, di:s qu'en y conduisant de l'<:.rn ou en construisant cks digues on en a fait des riziéres. Les rizières appartit.:nnt.:nt collecti\'cmcnt ,rnx « or.rng sikcp » con·c:abks, qui font les tr,waux de corYécs et pait.:nt !cs impôts foncit:rs. ,\utrefois ces champs de riz ctaient pan.1gcs ,111nuelkmcnt; actudlcmcnt k partage se fait par pc:riodt.:s de trois ,\ cinq ans. C't.:st une proprictt'.: collccti\'e de la dcssa, l'indiYidu 11..: pouY.111t,lisposcr dl' sa part: il nt.: peut Li ,·emlrt.:, ni L1cëdcr ni la l.'.:guer, car clic n:tournc ;\ sa mort :\ Li communautc:. Le fils, s'il est corYt'.:ablc, rcccn.1 une autre part, awc le même droit qu·: tout üranger qui, se fü,ant dans le vill.ige, peut obtenir une part aprés un scjour d'une annëc. L1 distribution pcrioJiquc JcYcnant de plus en plus ran:, il y a une tenci.111ct.: marqut'.:e ,\ laiss.::r :1 chaŒn sa pari Ji,,• du patrimoine commun. D.111s les r,;sidcnc..:s de Proboli11g<Bl,agt'leu, Ka,/,,,• d B,111j,,, 11111.i. on ne connait plus que des « parts fixes». Celles-ci ne compt,iirnt qul' 88.1,ï•13 bahoe's, en r882; en r88ï, d.:j:1 1,015, pr. Elles ctaient dcYcnues Lt rcgk d.rns I 3,201 vill.iges des 23, lï3 d..:ss,1'soü cxist,1it la propri.'.:tc commune. 3° Quant aux tarai11s 1·11g11cs ou incultes, ils sont exploites collectiwment. Chaque inJigém: pt.:uty chercher du bois ou des joncs (h.unbou) et cueillir les fruits de Lt fon:t. C'i:st si:ulemcnt qu,rnd on a défriche: une p,irtit.: de ces terrains, que l'on obtient le droit jasa, qui ri:sscmhlerait beaucoup it notre droit de propri.'.:tt'.:,s'il n'y ,tvait pas toujours l.t sou,·erainet.'.: du gouYcrnt.:ment. Souvent ces nom·eau, ch,1mps rctonrm:nt ;i la commun:llltc ,1pn:s une jouiss.rne<.: Ji: trois an111:csou da,·,111tagt.: et aussi lorsque l'exploitant en abandonne Lt culture. ~!.lis, dans tous les cas, lcs indi,·idus n'ont que le droit d'us,1ge; ils appellent leur systt'.:me de posseder « gadoch », expn,ssion qui signifie abandon Jes terres quand le so~1verain l'exige. En comparant la dt'SSII javanaise aYec le 111ir russe et Li 11111rk gernunique, on trou\"e chez les trois peuples qu,; l'i:xploitation est individu..:lle, la distribution plus ou moins pc'.:riodique, et que la culture laiss..: ci désirer. Dans les trois c.1s, les prames t.:t les for,\ts so11t cumnn,ncs, l'emplacement des m,1isons est individuel, et l'on reconnait k droit du premier dëfricheur. Les impôts t'.:crasent les culti,·ateurs, qui n'ont plus assez de t..:m.:s pour subœnir à leurs besoins. Dcpùis l'ukast.: di:

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