ORGAXISAT1O:-i SOCIALISTE socialiste, soient parfois incapables d'une suffisante pn:Yopnce, la puissanet.: sociale ne sera pas désarmée. Et si déj1 l'Etat, qui n'est gucre que le gardi.::n d'une classe, a, à un tn:s haut degn:, le s..:nti1111:ndt 1: l'aYenir; s'il sait faire, dés maintenant, d'énorn11:s dépenses qui ne sont pas immédiat<:mcnt producti,·es, comment la puissance sociale, quand clic sera l'organe commun de tout un groupement humain, pourraitelle négliger l'ayenir? Je crois, par toutes les raisons que j'ai dites, qu'elle scr,1 d..:Yancée par l'asse111iment ou mè1111p: ar le désir spontané des indiYidus et je ne sais naimcnt pas comment nos ad1-..:rsain.:s pourraient le contester, puisque je n'ai supposé d'autres scntimrnts que ceux qui aujourd'lrni comluis.::nt l'homme . .\Ltis, s'ils se refusent,\ cette hypothl'.:sc, il m.: nous en coùtc pas <le dire qu'au besoin la puissance sociale uscr,1 de contrainte, je Yeux dire d'un pn'.:léœm1:11t forcé sur tous les produits du tr:wail, pour assurer le renouYcllcment et l'extension de l'outillage et Li continuité du progn;s tcchniqu1:. Cc pn:lc,·emcnt aujourd'hui s'appelle l'impôt; et, s'il plait:\ nos adversaires dt.:dire que demain le préleYcmrnt social dont je parle ne sera qu'un1: autre forme de l'impôt, je n'ai pas l'intention de soutenir avec eux une querelle Yerb:tle. Les diflér..:nccs de fond nous sufüsent. Or, aujourd'hui, l'impôt a c..: double car,1ctere de n'être p.1s, en réalit.'., consenti par toute la nation et de ne pas sen·ir, en réalité, :\ toute la nation. D'une part, lc:s paunes n't:xt.:rcent leur soun:raincté politique que dans des conditions de dépendance lamentable; d'autre part ks SL-rYices alimentés par l'impùt, sont, le plus souvent, sous le nom de sen·ices publics, des scrYiccs de cLisse et lïmpôt n'est pas un pn'.:lé,cmcnt social, m,1is un prélè,·ement gouYerncmcntal. li n'en sera pas ainsi du pn:lévcment ~ocialiste; c.1r tous les producteurs, copropriétaires du fonds social, d.'.:termineront :i,·ec une égale souYerainetè les d.'.:cisions communes, et c'est au profit de tous et de chacun qu'une part (IL produits sera affectèe au d.'.:,·eloppement de l'outillage colkctiL Si donc aujourL!'hui les citoyens subissent sans résist.rncc l'impôt capitaliste, ils accepteront de bonne gr.\cc, quand ils ne l'auront pas pro,·oguè eux-mèmcs, le pr.:lé,·ement socialiste, et la loi intcn·iendr:i be,rncoup moins pour contr,1indrc que pour coordonner les ,·olontés indi,·iduelks spomanémcnt agissantes. C'est donc :\ une production colossale ou, socialiste, puisque Li production sera animée ,\ la fois par un prodigieux motcur central et par l'innombrable spontanèitt'.: des intt'.:rêts indiYiducls. Entre les actiYitt'.:s indi,·iduellcs clles-m<:mes, c'est forcément au profit des plus t'.:nergiques, je dirais presque des plus ambitieuses, que se fera l'èquiiibrc. Je veux dire que cc sont les individus plus agissants qui entraineront les plus inertes, et non ceux-ci qui appesantiront ceux-1:\. Dans le pamphlet sur la Misère de /11 Pbilosopbie, 34
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