La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

ORGAXISA no:-: SOCIALISTE 523 Et cette énergie humaine ainsi <liminuéc, il en fait un mm1,·ais usage. Il en gaspille une Lirgc part dans des dépenses improductiYes, qui consomment du traYail humain, sans accroitre b force durable de production de l'humanitt'.:. J'entends bien, d'emblée, la n.:ponse qui nous est faite cn cc premier point, et il faut la discuter de suite et de pr.'.s. On nous dit qu'en fait le ,·ice de ré'.partition n'est qu'app,m:nt. Sans doute l'ouvrier fileur, ou tiss~ur, ou mi111.:ur,ou Yerrier ne reçoit, sous fonn..: de salaire, qu'une partie du pro,luit de son traYail. Sans doute le paysan est obligé de payer au propriétaire oisif une rentc foncii:re. Sans doute aussi, si le paysan employait cette rente foncis:re à l',1mélior.11ion <lu sol, si l'ounicr industriel, retenant pour lui le diYi,knde, l'employait soit à améliorer l'hygii:ne de sa propre Yie, soit à perfectionner l'outillage industriel qu'il m,111ieaYcc ses camarades, il semble qu'il y aurait progn:s 1.k Li production. :\bis qui garantit d',1bord que les ounicrs et les paysans, eux aussi, ne gaspilleraient pas en dépenses improducti,·es ou m.'.:m.: nuisibles, l11 excès de tout ordre ou en fri,·olités, um; part plus grande de leurs ressources accrnes, et .\uguste Comte n'a-t-il pas montré que la bourgeoisit.: cxercait au profit de tous une fonction d'epargne créatrice et de pn:Yoyancc que le prolt'.tari,n ne pourrait remplir sans perdre sa noblesse m0me aYeC son imprc:Yoyance? Oc plus, comment méconnaitn: qu'une grande p,1rtie de Lt « plus-Y,tlue » prélc,·ée par le capitaliste sur le tr.iYaillcur, sous forme de re:1te du sol, ou de rente d'Èt.lt, ou ,k béndicc, ou de diYidendes, est employée par le capitaliste lui-rn0mc ,i créer de nou,·eaux moyens de production ? Ainsi, nous dit-on, k mod..: de n:p.1rtition capitalist..:, bien loin de paralyser la production, la saun:gank et la <l.'.:,·eloppe. Cette première n:ponse de nos adYersaires est Yai111:.Une certitude domine tout : les ressources que la cl.1sse priYil0gi~..:, ,kpuis la haute bourgeoisie capit,ilist..: jusqu',i l.i bourg..:oisic moyenne, afll'.ctc à son entretien, à sa depense proprement Jite pourraient être larg..:ment diminrn'.:..:s s,ms qm: son .'.:nergie Yitalc fùt atteinte .. \u contrain:, un suppl.'.:m..:nt équi,·aknt de ressources permettrait à l'immense foule des salariés d'accroitn: sa force. :\!ê,me si une partie dl! ces ressources noll\·ellcs était gaspillée, l'ensemble se traduirait certainement par un accroissement solid..: de bicn-t:tre, de sants: et d'énergie: d'autant plus que, si ks ouHicrs g,1spilknt leur p:iune salaire, c'est sou,·cnt sous l'influence deprim:inte et démoralisante de la mis.'.:re. Il n'est donc pas douteux que k n'.!gime capitaliste porte atteinte aux forces Yitales de production. i\lais, nous dit-on, cc déplacement dans le budget annuel des dépenses des di,·crses classes sociales n'est possible que par la brusque suppression <le tout cc qu'on appelle le luxe et, outre que bien des

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