La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

5 2.j LA RE\TE SOCIALISTE c.1t<'.goriesJ'ouniers ser.1icnt réduites au chômage, l'humanitc, ramenée tout entiérc ,i un niveau uniforme Je médiocritc aisée, perdrait l'habitmle, J.1notion, le goùt même des formes supérieures d'existence. Et, comnH: l\:sprit humain est stimulé au progres par l'infinie diversité des besoins et par les fantaisies m0mcs des blasés, l'humanité sera appaunie d'une gr.111dc force d'action et de progr0s : il n'y aura plus d'air échauffé d subtil pour rnk\'(:r le ballon, et l'inYcntion humaine se trainera ,\ terre, la production languira comme d,tns les ci\'ilisations ;'1peu pn:s figées. Cette ohjcction serait gr.n·c, si clic YCnait :\ son heure. Elle ne \',tut plus dans la période humaine où nous sommes entrés. Je néglige la Jifliculté de transition qui nous est opposée, le pn.\tcndu chùm,1gc ,rnquel les ounicrs Je luxe seraient conJ:1111nés par l'expropriation de la classe c:1pitaliste. ::--:onqut: j'en méconnaisse l'importance pratique; il y a un sicclc, ks ouniers de luxe qui scn·aicnt la noblesse ou la finance et qui pcrd.1icnt kur client0le par les cmigrations, les confiscations et les proscriptions étaient ,·iolcn11ncnt oppusés :\ la Ré,·olution; ils ne se n:conciliércnt avec clic que très tard, qu:111dellc-mcme se réconcilia a,-cc la réaction et quand l.1bourgeoisie du Directoire reprit la tradition de luxe de l'ancienne noblesse .. \ coup sùr, si la ré,·olution sociale n'éclate pas a,·,rnt que k prolétari:ll socialiste soit assez puissamment organisé pour Li discipliner et la conduire, il faudra rattacher au mouYcmcnt n,,·olutionnairc l.1 client0lc imrnéLliate de Lt classe capitaliste. J'en rechercherai les moyt:ns quand je ser,li arriYc, dans cette étude, :rn mccanismc mQme de la réYolution. Je ne retiens .'t cette heure que la diflîculté permanente et essentielle. Oui, je crois et j'acconk aux économistes que jusqu'ici, et tout le long de l'histoire, le progr0s humain cùt étc impossible s'il :n·ait dù ètre homogène. Si les groupes humains n'a\':1ic11t pu progresser, tenter des inYentions notm.:lles. <.:tchercher plus de bi<.:n-être et de joie qu'en en faisant part sinrnltanémcnt à tous leurs membres, lès hommes ne se ser:licnt probablement pas élcYés au-dessus de leur condition primitiYe. Le progn:s, co11LL1111.n\ctrainer chaque fois toute la masse humaine, se fùt arrcté. ~bis :\ quoi bon cette hypothcsc? En fait, depuis l'origine de l'histoin:, la société humaine a üè liHL:C ;\ la force, à la force des muscles et des armes, :\ la force du courage, à h force di: la pensée, et bUrtout :\ la force de la richesse, qui a tour à tour traduit ou produit, scr\'i ou dominé, et enfîn remplacé toutes les antres. Les minorités domin,nriccs ont donc pu utifücr à leur profît une grande part de l'i:nergie Lk tranil des multitudes opprimées. Elles ont pu ainsi développer en clics-mêmes et satisfaire des besoins nou,·e:lllx. Elles ont pu, pour leurs Yêtements, pour leur nourriture, pour leur demeure, pour leurs \'Oyages et même pour le luxe suprême de la

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