512 LA REVUE SOCIALISTE ainsi enfermer dans un cadre à trois compartiments une infinie 1·ariét<':de systèmes? Tout en indiquant a\'C.: prec,s,on cc qui distingue B. Malon et l'école fr.rnçaisc de K. l\farx. il adresse à ceux-ci les mêmes reproches qu'à celui-là d,ms des pages consacrées au « marxisme». Le plan de son lil'l"c l'y obligeait, m~1isn'est-cc point une inexactitude? M. l3oilley déclare ,·oir l:t conciliation de tous les systèmes dans le « socialisme réformiste ». Il indique une « ligne de démarcation nette et l"ivemcnt tranchée » entre le « colkcti\'isme » de cette Rcl"uc et son propre idéal. Quelle différence! <lit-il. L'un abolit le capital, tandis que l'autre cherche au contraire à en multiplier l.1 possession. L'un l'eut supprimer la liberté individuelle, l'autre la sanctionne et b consolide en la rendant plus morale et plus humanitaire. L'un impose la soumission absolue à l'État, être impersonnel et irresponsable, l'.1utrc assemble les individus et les associe par une union librement consentie, ne laissant :\ l'État que la seule mission de favoriser tous les essors, en ,·cillant avec soin à cc que les parties contractantes exécutent loyalement leurs engagements réciproques'. » J'ai transcrit cc passage pour rendre plus sensible la confusion. D"abord nous n'avons jamais parlé d'abolir le capital, mais seulement de supprimer sa possession exclusi\'e par un petit nombre et de réglementer cette possession au profit <letous. De plus, notre fédéralisme ne cornbat-ii pas pour la défense des libertés indi,·iduclles, locales, régionàlcs contre la centralisation factice de l'État tout-puissant. L'expose que fait par ailleurs M. Boilley du socialisme r,'.,formiste consiste dans un résumé précieux des résultats obtenus par la coopération, la participation aux bénéfices, etc. );ous ne nous élevons point contre ces manifestations de l'esprit de solidarité, nous croyons seulement à leur insuffisance. D"ailleurs, la coopération, par son développement mème, aboutit directement à cc« collecti,·isme » qui effraie M. Boilley. Je me souviens de l'avoir fait dire à M.Gide dans une conversation que j'eus l'honneur d'avoir avec lui. Le progrès d'une société coopérative anéantit l'industrie individueUe, et il est aisé de supposer une commune où progressivement toutes les manifestations de l'activit<'.:<'.:conomique soient devenues coopératives. Quelle différence ainsi entre ces services coopératifs et les services communaux dont parle Malon ? L'idéal de 1\1. 13oilley est moins prcc,s que le nôtre : les moyens le préoccupent plus que la fin. N'importe, malgré ses affirmations dans ce beau livre de science et de franche discussion, nous ne pouvons trouver entre ses idées, ses sentiments et les nôtres qu'une différence de nuance que rendent les expressions. Cc ne sont que des mots qui nous séparent et c'est une bien frêle barrière. P. L. L' Admi11istrateur-Gér111: 1/ RODOLPHE SIMON. Suresnes. - Imprimerie G. RICHARD, 9, rue du Pont.
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