La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

RE\"UE DES LIVRES pr REVUE DES LIVRES Les trois Socialismes (a1iarcbisme, colleclivis111er,éformisme), par Paul BOILLEY. - Paris, Hlix .\lcan, libraire-~<litcur, 108, boulevard Saint-Germain. Prix : 3 fr. 50. Yoilà un titre qui plaira :i notre ami Hamon. Comme œ dernier, M. Boilley ,·oit moins dans le soci,1lisme une somme <le doctrines qu'un ensemble <l'clSpirations<lesentiments gi·nércux, humanitaires ayant des formes diverses selon les hommes et les milieux, une manifestation spéci,tlc <le la sensibilité qui se traduit avec \'iolcnce chcz ceux-ci, awc méthode chez ceuxL\, d'une manière vague et timide, enfin, chez d'autres. Anarchistes, collecti\'istes ou « réformistes », tous sont au même degrc soci,1li~tes. « :-Sous croyons, <lit j\l, Boillcy, que tout le monde est plus ou moins socialiste, car il n'est personne qui, directement ou indirectement, n'ait :t ,e plaindre d'un abus ou:\ souffrir d'un \'ice social qu'il désire voir réformer. » La définition est large. A ce compte, M. Leroy-Beaulieu, lorsqu'il enseigne que le premier devoir <lu c,tpitaliste est d'.mgmcntcr son capital, lorsqu'il décrit les bienfaits de la « philanthropie rémunératrice » se montre socialiste, puisqu'il affirme \'OUloir le bien <letous et supprimer des abus. ,·o,là qui bouleverse nos classifications ordinaires. Comment alors comprendre le titre même de cette Revue, si le mot « socialisme » n'a point <lesens précis? ;\lais c'est là querelle de mots. A propos du dernier line de Hamon, A. \'ebcr a déjù, d'une façon très précise, indiqué ici la distinction du socialisme et de l'anarchie. Quam aux réformistes, nous les croyons de deux sortes : ceux qui, a\'ec Benoît Malon, G. Renard, Fournière, Rouan.:t, tous nos amis, croient à la possibilit<'.d! 'atteindre par une évolution l.:nte à la suppression du régime actuel d'exploitation de l'homme par l'homme - et ceux qui, confondant le piétinement a,·ec la marche, l'agitation a,·ec l'action, le changement avec le progrès pensent apaiser a,·ec des semblants de réformes le désir de justice des souffrants. M. Boilley, bien qu'il semble s'en défendre, est a\'CCles premiers. Aussi ne \'oyons-nous que dans une confusion la raison des reproches qu'il nous adresse. Il a pris à tâche de donner dans un livre, rel:nivement hrcf, une idée exacte des diverses formes de cc qu'il appelle le socialisme contemporain. Son œuvrc est excelJentc et d'un analyste tr~s consciencieux, mais pourquoi vouloir

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