CRISE COXSTITl,;TIOXXELLE CRISE CoKSTITUTroxxELLE Quelques mots sont nécessaires pour dcgager le sens de l:i crise actuelle. Il ne s'agit point d'une lutte sans int.:r~t entre ambitions rh·ales; il s':1git de s,tYoir laquclk l'emportera de deux tendances contraires : ou la politique de sla/11quo ou Lt politiqut: de réformes. La Chambn.: des députés, interprete du suffrage uni\·ersel, s'est prononc.:e pour la nurche en a\"ant; le Sénat, interpr0te d'un suffrage habilement restreint, s'est prononcé pour le pi.'.:tincmcnt sur place. Ainsi conflit aigu entre les deux organes du pOu\·oir législatif. Qui doit aYoir le dessus? La Constitution boiteuse qui nous régit laisse la question indécise entre les deux Chambres. La nomination d'un mini,térc nou,·eau, réduit à gou,·crner l:i Ri:publiquc anx l'appoint indispensable d'une minorite monarchiste, n'est qu'un expedicnt pro\"isoire et incorrect. En pays naiment dernocratiquc, une consultation loyale des electeurs eùt tranché le débat. En notre régime i:quiYOquc, qui remplace l.t libre et franche discussion des affaires publiques par des intrigues de couloir et d'antichambre, on a, en \·iolant les rcglc:s du systeme p.trlementain; au profit d'une co.tlition d'intcn'.·ts et non d'id.'.:cs, cr.'.:éune situation scmi-reYolutionnaire. Toute la gauche républicaine rdcYe cc d.'.:(iau suffrage unin:rscl et s'organise pour le combat. Les socialistes l'appuient par une action parallck. Le premier but à atteindre est la rc\"ision de la Constitution; mais en France l'effort d.'.:passe d'ordinaire le premier but Yisi:. Les consen·atcurs, tant n;publicains que monarchistes, et .\1. le pn:sidcnt de la Republique, leur alli.'.: en cett.: circonstance, pourront bit.:n regretter trop tard le tn:s modéré ministèrt.: Bourgco,~, qui aura, peut-être, étc ù la Republique bourgeoise d immobiliste cc que fut, trois ans a,·:111tla Re\"Olution de r8 30, le ministcn: i\!artignac à l.1 royauté du droit di,·in. GEORGES RENARD, 3l
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