CIIROKIQUE DES COXCERTS fait boire un philtre au héros, et celui-ci a reconquis Brünnhild pour Hagen; n'ayant plus sou,·cnir du passé, il a, en outre, épousé la sœur de Gounthcr. Cc dernier (au troisième acte) a résolu de tuer le héros inYincib\c qui ne sut jamais cc que c'est que la peur. Il l'cntr.linc à la chasse. Siegfried, un moment égaré prés du Rhin, à la poursuite d'un ours, apprend par les ondines les malheurs attachés à l.t possession de \'Anneau fatal, malheurs auxquels \\'otan lui-mèmc n'cùt pu se soustraire. Siegfried se rit de leurs paroles, et sonne Jans sa corne de bœuf pour appeler ses compagnons de chasse, qui ne t.mlcnt pas à le rejoindre pres du flcuYc. On boit. Hagen lui demande s'il est nai, comme on le dit, qu'il comprenne le langage des oiseaux; hi-dessus le héros, insouciant et joyeux, raconte son histoire : comment il fut clevé par l\limc, « gnome hargneux "; comment il reforgea !'Épée brisée de Siegmund son père, tua le dragon Fafnir, et, ayant porté la main à sa bouche teinte du sang du monstre, comprit le langage des oiseaux; il prit alors lehcaume et I'Anneau magique et tua ~lime. -Il boit de nouYcau; Hagen a pressé dans sa corne ù boire une plante dont le suc ,·a lui rendre la mémoire du passé; - et il ré\-1'.:lcmaintenant comment il conquit l3rünnhild dans les flammes. - Étonnement et colerc de Gounthcr. - Hagen aussitôt se jette sur k héros, par dcrril'.:rc, et lui enfonce son épée entre les épaules, seul endroit où il fùt \'lllnérable. Apres une courte agonie, pendant laquelle il ne cessa d'appeler Brünnhild et d'implorer son pardon, Siegfried expire. Alors résonne cette majestueuse marche qui est en mème temps une oraison funèbre musicale, oü tous les motifs qui caractérisent, dans le cours de la Télrnlogie, les différends épisodes de Lt Yie de Siegfried reparaissent, entrecoupés de coups frappés sourdement, lugubres; le dernier motif entendu est celui qui caractérise le héros, mais dans une tonalité mineure et sombre maintenant, comme brist'.:par une mort soudaine; tandis que le cortège qui accompagne le corps, porté sur un bouclier, se déroule au bord du fleuYe, éclairé par des torches dans les ténébrcs, se dirigeant \·ers la demeure de Gounthcr. Goudroune excuse celui-ci d'avoir tué son époux; Gounther rejette le crime sur Hagen; les deu~ guerriers se disputent alors I'Anneau : Hagen me Gounther et, au moment oü il va prendre la bague fatale au doigt du mort, la 111.1inde celui-ci se dresse. Brünnhild en même temps arriYc et pleure la mort de celui « si pur " qui la trahit poussè par la fatalité inéluctable. Goudroune tombe et meurt, ayant compris la \'<:rité. La scénc finale de la Gœllerdncm111cru11g surpasse, peut-être, en grandeur tout cc qui préccde. l3rünnhild \'Cut rendre ]'Anneau aux fi.Iles du Rhin. Elle fait dresser un bùchcr au boni du flcu,·e et apporter le cadaHe de Siegfried, aupn:s duquel clic se lamente en un long monologue d'une beauté épique. Elle contemple d'abord le corps
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