La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

492 LA RE\'UE SOCIALISTE .\u fend du Rhin, où git l'Or fatal, les trois ondines commises à s.1 garde, \Voglindc, \\'cllgundc et Flosshildc, se poursuiœnt par jeu, dans les flots; l'aube luit ,\. peine. Soudain, d'une crevasse, sort le nain Alhérich, le ~ibclung, qui veut folittrer a,·ec clics; mais toutes trois,,\. qui mieux mieux, se moquent de lui, lui échappent des mains, se rient de sa maladresse ... Peu à peu, voici que l'aube descend dans le lku,·c et que la « di,·inc é,·cillcuse n fait luire l'Or sur son récif. Les ondines chantent, joyeuses, leur hymne :\. la gloire du Rhcingold mcn·eillcux; et leur chant imprudent n.:Yi:lc que celui qui forgera !'Anneau avec cet Or aura force et pou,·oir, mais à condition de renoncer à l'Amour. Albérich, qui a tout entendu et compris, n'a plus qu'une pensée : s'empan.:r du trésor. Abjurant l'Amour, il s'élance sur le rocher et, d'un effort violent, arrache l'or de son flanc. La nuit retombe sur le flcu,·c ... Dans cc premier tableau est dé\'clüppé le motif de l'Or, berceur et doux tout d'abord, mais qui s'cle\'e bientôt et fulgure, irradie, sonné par ks cuincs, lorsque la lumicre du jour vient enflammer le métal précieux; et aussi le motif du Renoncement à l'Amour, qui est l'un des principaux de Lt Té!ralogie. Le deuxii:me tableau, s:tns aucune interruption, transporte inscnsibkmcnt au \\'alhall. \\'otan (le Zeus germanique et scandina,·c) ,·icnt de faire construire par les géants, sur un plateau élc\·é pres du Rhin, son palais, le \\'alhall. Les géants ont dem:m<le, pour prix de leur tr,1\'ail, l'Or ravi par Alberich; \Vatan l'a pris par ruse et par force au ::--.:ibdung(troisii:me tableau); mais, a\'cc l'Or, le malheur est <.:ntn:dans le monde et \\'otan lui-même est soucieux; il sent la nuit prochaine pour les dieux, et qu'il doit créer une force à opposer à l'Or: il créer.1 le Fer, !'Epée qui, plus tard, pourr,1 reconquérir !'Or et k rendre aux filles du Rhin; il engendrera aussi les neuf sœurs guerrii:res, les lf'a/k1ïres. Le quatri1:me tableau du Rbci11gold fait entendre la .\fore/Je du Tf'alball, d'une majesté naimcnt olympienne awc ses graves accords de tubas à la basse, tandis que \\'otan et Fricka, sni,·is des autres dieux, s'a\'ançanr lentement sur le pont immense de l'arc-en-ciel, entrent dans le \\·athall. Cependant que les ondines, du fond du Rhin, prédisent la ruine prochaine à ces usurpateurs, et le triomphe final de la race humaine. La ll'a/1//ïre et Siegfried retracent les é\'énements qui précèdent la naissance du hcros et la majeure partie de sa \'ie libre et sau\'age. La Gœlladar111111cru11g raconte sa mort et celle de la \\'alkürc, conclusion de la Tllralogie. Siegfried, tel le Jason hellénique, a reconquis !'Anneau que gardait le dragon Fafnir. Il a dchvré Brünnhild, la \Valkürc endormi.:, par punition de \Vatan, au milieu des flammes (en Islande disent les vieux poèmes); mais Hagen, fils d'Albérich, a

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