LA REVUE SOCIALISTE inanimé de cc « soleil sans tache » ; puis accuse \Votan d'ayoir rejeté sur lui la malédiction attachec par les ~omcs inéluctables à la possession de l'Or maudit, qu'elle rejette dans le flcuYc. Saisissant une torche, clic met clic-même le feu au bùchcr, et cc feu va monter jusqu'au pal.iis des dieux. Elle saute alors sur son fier coursier de \V.1lkürc, Grane, et se lance au milieu des flammes ... Le bùcher a disparu rccouYcrt par les flots du Rhin où \Voglinde, \\"cllgunde et Flosshilde paraissent um: dcrniO::rc fois, rcdc,·enues joyeuses par la possession du Rhcingold, qu'imprudemment clics aYaicnt laissé dérober. .. Et là-haut, dans les nuages en feu, on aperçoit le \\"alhall qui s'ecroule : les dieux sont morts et vont faire place à l'homme triomphant. On ne peut que tres sèchement et tres imparfaitement rendre compte de cette conception gigantesque dont je n'ai analysé que le commencement et la fin. li faut hautement remercier M. Colonne de son initiatiYe, d'avoir fait exécuter au Châtelet une grande partie du Rbci11gold et, presque cntit'.:rcrncnt, le troisième acte de la Gœlterdaemmenmg. i\lalheurcuscmcnt, dans la prcmicrc partie de celui-ci, l'orchestre et les solistes ont éte peu ù la hauteur de la tâche assumce. 1\1. CazencuYc s'est montre aussi exécrable en Siegfried qu'en Faust (1); mais à partir de la Jfarcbe f1111i:bre, t dans la Sce11e ji11ale, intcrprétce par la wagn.:rienne I~ntschcrra d'une façon digne de la i\latcrna ou de Lili-Lehmann, c'est-ù-dirc impeccablement, nous avons eu une impression d'art inoubliable. M. Lamoureux, qui a exécuté (pour la dix-septième fois) la Scène finale au Cirque d'été, y a été fort bien secondé par M1fe Marcy. Il a fait entendre en même temps (pour la première fois à Paris) les cbanfs de ln Forge, du premier acte (deuxième tableau), de Siegfried, avec M. Lafarge qui, dans la Damnatiou, est un fort bon Faust. Quant à l'orchestre, il marche toujours de la façon admirahle que l'on sait lorsqu'il interprète les œuvrcs du Maitre. Je ne dois pas oublier de louer comme elle le mérite l'excellente traduction de notre éminent confrère, le tres érudit musicographe Alfred Ernst qui a, je crois, maintenant traduit toute la Tétralogie du Ring der Nibeill11gw. Grâces lui en soient rendues par tous les bons wagnériens qui ne peuvent entendre chanter l'Œuvrc intégrale dans la langue ot1 clic fut conçue. J.-G. PROD'Hü~!ME. (1) A la premit:re audition; c.1r, à la seconde, il a intcrprCté magnifiquement le rôle de Siegfried i et l'orchestre ainsi que les solistes ont étC sensiblement meil1eurs que la prcmii!re fois. Qu:tnt :\ M11• I<utsd1err.1, elle s'y est montrée Cgale a elle•même: c'e$t tout dire.
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