La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LE ~10(.;YEME~T L!TTERATRE lï9 Yienncnt <le nous ètrc rapportecs, c'est a1·cc la mème aYidite que nous lisons cc pli datè du cb1ilc1,1ti1c Clc111msow, prh Za1110scP, olog111·, où Yit l'institutrice au milicLl <le l'indifférence de l.t riche famille dont elle elcYc les enfants, - aYec la mème h.ite que les feuillets expe<liès de Paris ou <le Treguicr. D:rns l'abandon des confidences, leur toute sincerite, la confiance pleine qu'elles indiquent, l'accord intime qu'elles temoignent, nous trouvons un rns d'amitie qui honore et met en relief si11gulii'.:reme11t ces Jeux figures : elles ne sont pas de tous les jours, ni de tous les mondes, assez peu fréquentes pour ètonner, mème lorsque l'une est celle de Rcnan; mais, dèsornuis, on peut lcs croire insep,trnblcs. Comment oublier dorenaYant la pan dc la sn:ur, Henrictte, dans l'aYenement it la lumii'.:n:, d.111sla libération Je son intclligence, de Renan ... .\ la preface de ses Souue11irstl'mfc111ci! cl ,1,, jw11,·ssc, Ren.1n le disait : « La personne qui a eu la plus grande influencc sur 111.1·ie... nu sœur Henriette ... ,, ~lais il a11no11ç.1itque l'opuscuk ecrit par lui, et tire .i ccnt exemplaires seulement, au lcndem.1i11 de la mort d'I lenriettc, et réserYés .\ son entourage, ne serait pas réimprime de son 1·i1·,rnt: « En septembre 1862, un an après la mort de cette précieuse ,1mie, j'ccriYis, pour 1c petit nombre des personnes qui l'.1Y.1ientwnnUl', un opuscule consacre à son sou1·enir. Il n'a ètè tire qu\i cent exemplaires. ~la sœur èt.1it si modeste, clk .JYait tant d'aycrsion pour le bruit du molllle que j'aurais cru Li Yoir, de son 10111be.1u,111'.1dress.rntdes reproches si j'a,·,iis li1rè ces pages au public. Quelquefois, j'.1i <.:ul'id.:e de les joindre ,\ cc YolunH:. Puis j'ai trouY.: qu'il y aurait en cela une csp~ce Lk profan.1tion. L'opuscule sur m.1sœur a èté lu .1Yecsymp,nhie par quelques pcrsonnes animées pour elle et po!H moi d'un sentiment bie,weillant. Je ne dois pas exposer une mémoire qui m'est sainte aux jugements rogues qui font partie du droit qu'on acqui~n sur un lilTe en l'achet.mt. Il m'a semble qu'en insérant ccs p.1gcs sur ma ,œur d.1ns un volume liné au commerce, je ferais aussi mal quc si j'exposais son portr.1it dans un hôtd des Yentcs. Cet opuscuk ne sera donc n:imprim~ qu'apri'.:s ma mort. Peut-0tre pourra-Hm y joindre alors quelques lettres de mon amie, dont je ferai rnoi-m0me par avance le choix. » ~ous aYons eu l'opuscule et Yoici maintenant les lettres. On aurait pu croire à quelque exagér.1tion dans les jug<.:mcnts que Renan portait sur une sœur d.:1·ouèe : il n'en est rien; ces louanges, loin d\:tre cxccssi,·es, seront universellement ratifü'.:cs...

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