~I. LE PREMIER PRÉSIDE~T FABREGUETTES comment les magistrats exigeraient-ils des ounicrs, peu habitués aux subtiks distinctions juridiques, une parfaite conscience de la limite où s'arn:tc leur droit et où commence la faute? Encore une fois, les juges appelés à dlcidcr sur des dclits ou sur des prod:s relatifs à des conflits entre ounicrs et patrons sont tenus à la plus grande prudence. Au fond, la brochure de M. Fabregucttes, qui manque frcqucmmcnt Je pn'.:cision, qui renferme des opinions parfois mal assurées, dlmontre surtout, a\'CCla plus Yi,·e clarté, la nécessite pour la magistrature de se mettre à l'ctudc des questions sociales. « Elles sont, dit i\l. Fabrcgucttcs lui-même (note r, page 36), la société s'éwdiant sur le Yif et preparant elle-même son lendemain, son a,·cnir, et, en quelque sorte, sa mort ou sa Yie. » En somme, le code, tel que les magistrats l'appliquent, c'est k passe qui s'impose au présent. En se rendant compte des nécessités de l'heure, des id6es en perpétuel mouYement, ils se sentiront i,wités, nous en sommes conYaincu, à user d'indulgence dans bien des cas. Sans doute, aussi, dans l'interprétation de la loi, les connaissances sociologiques éclaireront sur certains points leur esprit. Plus que quiconque, peut-être, les juges ont le deYoir ck s'instruire de tout cc qui regarde l'homme. Cc dcYoir est d'autant plus implrieux aujourd'hui que le moment est critique, et qu'il dcpcnd, dans une certaine mesure, du pouYoir judiciaire ck pré,·cnir ou de précipiter la catastrophe qui menace la société actuelle. PAUL GRE~IER.
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