La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

.jj.j LA RE\'lIE SOCIALISTE aux ouniers pour faire pn:\·aloir leurs re\'cndications et assurer le sucd:s des conditions auxquelles ils subordonnent leur tra\·ail. » Et il continue ainsi : « ..... Les ou ni ers ont, naturellement, la libert•~ d'organiser la co.tlition qui appuie Lt gn::,·e. ,\insi, on peut constituer un comitc directeur, no nmer des délégués, cn:er un fonds de secours, une caisse de chom.1ge, L1li1m:11terpendant tout<! la durée de la coalition, par dons, souscriptions. « ..... li est licite de prcconiscr la grc1·c, de la soutenir par b propagande, soit dans des conf.'.:renœs, soit dans les journaux, etc ... » Quoique cette dcrniC::reformule soit un peu Yaguc, il parait éYident que .\1. F.tbrcguettes reconnait :\ des étrangers :\ la corporation, ;\ l.t press.:, aux députes, aux citoyens ordinaires, le droit d'interYenir d.111s le: conflit. .\1. Gensoul, procuri:ur de l.t R.::publiquc à Toulouse, qui,:\ l'occasion du procC::sfü:sséguicr- Jaures a fait mention de la broc 11ure de .\1. bbrcguettes, aurait dû, semble-t-il, tenir compte de ces déd,tr.ition, de son premier président ( 1). l~numércr les dclits: Yioknccs, Yoies de fait, m.inœuncs frauduleuses, qui tombent sous k coup de la loi en temps de gré1·e nous conduirait trop loin. ;\Ous en signalerons un, cependant, qui nous semble fort douteux, celui qui consiste :\ donner de l'argent à un ou nier pour en obtenir l.t promesse de quitter le tra,·ail? Constituc-t-il une Yiol.nion de la liberté du traY,1il? Nous ne le pensons pas; car, dans ces condition,, le patron ne commettrait pas un délit moins graYe en tentant d'embaucher des ouvriers en grén:. Dans le premier cas, l'ounier attenterait, il est nai, ,i la libcrtc de faire lrtll'ail/er; mais, d,tns le secollll, le patron attenterait à la iibcrté: de 11r pas lravaillrr. La loi est tellement obscure sur cc point que :\1. Fabreguettes luimême p.1rait ne pas très bien s'y reconnaitre, puisqu'il admet comme licites le, tcnt.tti,·es de d.'.:sembauchage (note 1, page ï8) telles qu'elles se sont produites ,i Carmaux, dans la dernière grc\'e des verriers. li se demande toutefois, tant son incertitude est grande, si ces tcntatiYes ne pourraient point donner lieu ;\ des poursuites en dommagcs-intcro;ts, toujours en Yertu de l'article 1 382 du code cil·il. Rien de plus irritant que cette législ.nion Yolontairemcnt yague sur les relations du capital et du tra1"ctil. Quand des jurisconsultes éminent, comme .\1. fabrcgucttes se déclarent quelquefois embarrassl'.!s, (1) ~ous ne p.trlons pls de cclh:s qu'il a faites, qu:111d il était, sous le nom de Polcn, le l.'.ollabor.ncurde Jules Gul!sdc aux Droits del' f/,mwu.

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