4ï2 LA RE\.UE SOCIALISTE les innombrables cntraYes dont le tra,·ail était embarrassé sous le régime des corporations. Qu'ils aient érigé en principe gcnéral la libcrtt'.: du tnn·ail, c'est par une cnYic de rcagir qui poursuit tous les no\'atcurs, mais dont le penseur calme doit se débarrasser et qui, en toute hypothèse, m· doit point enchainer l'a\'Cnir. li ne s'agit point <l'ailleurs, n1.1intc11ant- aucun socialiste ne le réclame - de supprimer l'indépendance de celui qui tr.iYaille. li s'agit, au contraire, de rendre plus assuré l'exercice de ccttr indépendance; car il ne l'est guère sous le régime capitaliste qui nous gou,·erne. Nous nous serions abstenu de cette digression, si M. Fabrcguenes, au lieu de se borner ;\ l'examen juridique des lois sur l'arbitrage, les syndic.Jts et le droit de gri:,·e, n'avait fait œuvre de polémiste en combattant les doctrines socialistes sur la matière. La granJe industrie s'etant cn'.:éc et considérablement développée tbns cc siéclc, /IL le premier pn'.:sidcnt de la cour d'appel de Toulouse a,·oue qu'elle dc\'ait nécessairement entrer en conflit avec le prolétariat groupé dans ses usines, dans ses mines, dans ses manufactures, etc. Nécessairement aussi l'Etat devait intcn·cnir pour amener la co11ciliation ou pour maintenir une sorte d'équilibre entre les deux ad\'ersaircs. On attendait d'heureux résultats de la loi instituant l'arbitrage. Mais, celui-ci étant facultatif, il est insuffisa11t presque toujours a résoudre les difficultés graves qui s'élèvent entre ouniers et patrons. Une fraction du parti socialiste a alors proposé de rendre l'arbitrage obligatoire. D'ap1ù :-.1. Fabregucttes, l'adoption de cc projet, d'ailleurs inapplicable, causerait la perte de l'industrie française. Pour son compte, cc magistrat pn:fércrait la créatio11 de comités permanents de conciliation, tels qu'ils existent déjà en Belgique, en Angleterre et en Allemagne, qui t'.:tudicraient les diffèrcnds dès leur apparition et empêcheraient ainsi la plupart des grè,·es d't'.:clater. Une seconde mesure s'imposait. A la concentration du capital <levait pouYoir répondre la concentration des travailleurs. C'est pour satisfaire a cette nécessité qu'ont été fondés les syndicats. Quoiqu'il approuve, en définitive, la loi sur les syndicats, M. Fabregucttcs déplore, sans en rechercher les causes profondes, qu'ils aient d.'.:Yic:d, ans la pratique, de leur destination premicre. « Le seul objet des attribmions des syndicats, dit-il, c'est, en résumé, la défense des int<'.:rètséconomiques, industriels et agricoles. n « Pour rester soigneusement dans cc cadre, ajoute-t-il, l'entrcc des syndicats est interdite à toute personne ctrangère :\ la profession des syndiqu.'.:s. n C'est pourquoi « la cour de cassation et les tribunaux après elle condamn.::nt les syndicats :\ des dommages pour avoir menacé de gn;,·e tel patron, s'il ne rem·oyait pas tel ouvrier ou contremaître, ou publié
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