La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

M. LE PRE~IIER PRÉSll)E~T FARRFGl,;ETTES bien sont-ils appelcs - quelquefois de manicrc pressante - par les gré,·i~tcs? :S:ous n'en finirions pas si nous ,·oui ions signaler toutcs ces d.'.:.:larations dogmatiquement cmis.::s et qui demeurent sans point d'appui. Compt.tnt sur l'autoritc dont il jouit dans le mondc judiciaire, M. F.tbrcguctks n'aurait-il point cru inutile, p.1r hasard, dc dcn·loppcr, d\:xpliquer, de discuter ses asscrtions? Dans cc cas, nous 1c plaignons beaucoup; car lorsqu'on s'adresse au public, il est n.'.:cessairc, aujourd'hui, de prou,·cr ce qu'on aYance, faute de quoi l'on risque Lieparaitre légercmrnt ridicule. Quelles sont mainten.111t les opinions de :--1. Fabn:gueth:s sur les syndicats, l'arb1tr.1g.::, le droit de gn:,·c ~ Cc h.mt magistrat place, au-dessus de toute l.'.:g1sLnion ouHÎl:re /11 /ibali' du travail. Cc principe fondamental, dont se rcco1mn.111dent tous les économistes orthodoxes depuis la Rérnlution, a donné lieu, par son él.tsticitc, ,i un grand nombr.:: d'abus Ll.tns l.t pr,1tiquc. JI s'agirait, d'apord, Je déterminer si, en sociologie, il existe Haiment un seul principe immuable, si les Yt:rités que l'on a cru longtemps JC:tinitivcs ne sont point contingentes au temps, au milieu, aux circonsunccs? Ainsi, b. liberté du traYail que certains .::onsido:rcnt comme d'esscncc supérieure et étcrnclle était inconnue sous l'ancien n\~imc qui, pcndant des sio:cks, ne l',1 jugée ni ncccss.1ire ni m.:me tksir.1hk. .\ujourd'hui m.:mc, Li liberté de ne p:is tr.l\·,1illcr et de nc p.1s f,tire tr,1Yaillcr, qui se r.1ttachent :1 Li liberté du traYail, p,1rait injuste ,i beaucoup d'hommes sérieux qui pensent, que le capital ct le traYail étant dcs fonctions soci.1ks, nul n'a 1c droit de s'en décharger. .\ leurs yeux, celui qui ne fait pas tr:ivailler commet un crime contre ceux qui ont besoin de tra,·aillcr, et ceux qui ne trav,iillent pas comm-:ttcnt un YOI au préjudice de ceux qui tr.1,·.1illent. L<.:spremiers sont à l.1fois des ,·oleurs et des meurtriers, et les scconds sont des parasites . .\u fond, est-cc quc, dans la r.'.:alite, la liberté du tr.1vail cxistc? Il n'cn saur.lit ètre ainsi, an:c la séparation actuelle du capital et du travail. La liberté de travailler et la liberté de faire tra,·ailler s'antrnlcnt réciproquement. D'une part, si le p.11ron est libre de nc pas donner du tr;l\·.1il il l'ouHicr, celui-ci est incapable, par le fait, d'exercer sa liberté d<.:traYaillcr. D'autre part, si l'ounier refuse dc tra,·aillcr, malgré les offres du patron, le patron est prh·é de la liberté de faire tr,waillcr. :\ notre avis, l'erreur de nos économistes et de nos lcgislatcurs pro,·icnt de cc qu'ils Ctl\'isagent la liberté du tr.ivail en dehors du tcmps et des circonstances oü clic fut proclamée. En la rc,·cndiquant, les membres de la Constituante tendaient simplcmcnt à protcster contrc

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