La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

L.\ RE\"UE SOCIALISTE « \'ous cherchez le bonheur. ~lais dans Yotrc recherche de bonheur, Yous rencontrez les autres hommes occupes de la m~me recherche, chacun ,i son point de Yue. Comment allcz-Yous, dans Yotrc appi:tit Je bonheur, Yous traiter les uns les autres? Serez-vous des fri:rcs ou ,ks ennemis? « \'aincment YOUSne voudriez YOir dans la Yie que cc que vous .1ppclez YOtre bonheur indiYi<luel, \'Otre intcrêt, YOtrc cgoïsme, YOs passions. « La Yic de l'homme et de chaque homme est attachée à une communication incessante a\'CC ses semblables et avec l'uniYcrs. Cc qu'il nomme sa \·ic ne lui appartient pas tout entière, et n'est pas en lui sculem.:nt; clic est en lui et hors de lui; elle réside en partie, et pour ainsi din: par indivis, dans ses semblables et dans le momie qui l'entoure. « De là, entre l'homme et ses semblables, entre l'homme et l'unin::rs, deux relations qui donnent lieu au bien et au mal. L'homme se met en communication et en société a\'ec ses semblables, c'est la paix; ou bien il Ycut Yiolemment les asscrYir a ses besoins, et c'est la guerre. " (De l'Ilu111a11ité, p. 128.) « La famille, la patrie, la propriété sont les trois modes nécessaires de la communion de l'homme aYcc ses semblables et aYCCla nature. « Il est de toute certitude que l'individualité de chaque homme disparait, si l'on anéantit l'idée <le cet homme en tant qu'ayant une famille, une patrie, une propriété. « ~lais ces trois choses, qui sont excellentes en ellcs-mèmcs, et néccss.iircs, peuYcnt, par leur cxcés, devenir mau\·aises. La famille, la patrie, la propri.'.:té, peu\·ent absorber l'homme. L'homme peut dc\·cnir l'csclan: de sa naissance, de son pays, de sa propriété. « L'homme, en effet, jusqu'à pr<'.:scnt,a été csclaYe simultan<'.:rm:nt de ces trois choses, cr, suirnnt les époques, il a été succcssiYcmcnt asscn·i, d'une maniére prédominante, soit à la famille, soit à la nation, soit :i la propriété; il n'a pas encore étc ,,éritablemcnt homme. li deviendra homme sans cesser pour cela d'aYoir une famille, une nation, une propriété. « Que la famille, que la nation, que la propricté soient telles que l'homme puisse se Jt,ycJoppcr et progresser dans leur sein sans ètrc opprimé. "T"oiill le progrn1111d1e1el'ave11ir." (De l'l111111a11ilé, p. 140.) ~lais resumons <l'abord le passé, ou plutot prouYons sans d.:tour que le passérsl le mal, et qu'il est le mal uniquement parce que ni la famille, ni la nation, ni la propriété n'y furent organisées de façon que l'homme pùt se développer et progresser librement au sein <le cette

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