PIERRE LEROl:X SOCIAi !STE biologie, c'est-a-dire :want la possibilitt'.: de sa démonstration. Qu'on ne s'y tramp,: pas, en dfrt, il a eu un,: intuition n,1imcnt remarquable d,: la situation des esprits de son tem?s, de la car.1ctéristiqu,: dç notre ci,·ilis,11ion dans un indh·idualisme a,·eugle, de l'a,·èm:mcnt prochain d'un mond,: nouveau : « ~ous sommes entre deux mondes, dit-il, un mondc d'irn:galité qui finit et un monde d'égalité qui commence. « P.tr quelle fatalitt'.:se peut-il que la sociéti: ne repose que sur l.t lutte et l'égoisme, qu'elle fasse une loi :1ch.tcun de ne songer qu'.i luimème, que le m,ilhcur ùc l'un soit exploit.'.: avidement par l'amn:, que les riches y ,i,·cnt somptueusement de la faim dcs misérables, quc les méchants y dominent sur les bons, que les plus g.'.:n.'.:reuxne puissent la plupart du temps enrichir et a,·anca l'humanité qu'au prix dc leurs souffr,mces, que les sages soient gouvernés p.1r les insensés, qu'un sexe tout entier soit encore tenu dans l'abaissem,:nt, et qu'il y ait encore, sous une app.1rence de liberté, une multitude innombrable d\;sclavcs? » (Discours, I, p. 76.) « La terre est ch:mg.'.:cou plutot boulen:rséc, car l'iuigalile suivant b naissanci: n'est plus consentie. Écoutez cc que disent vos lincs, vos constitutions : « Le pr.'.:jugé des races est aboli; plus de noblesse, plus « Je priviléges ht'.:réditaircs; tous les hommes sont égaux. » \'oil.\ l.t ciameur universelle. ~lais montrez-moi cette 1:g.tlitt'.:n:aliséc sur l.1 terre. Ne voycz-rnus pas que le fait est en opposition a,·ec le.: droit et que l'ordre ne ser.1 rétabli que lorsque le fait m,1rchera d'accord ,1,·ec le droit ou s'acheminera pour le rcjoindrc. » (Discours, 1, p. 24.) N'est-cc pas l.i une vision profonde de la nature et du role social du droil dans la socit'.:tt'.q:ui vient sous l.1 pouss~e it-rc.:sbtiblc du dt'.:,·cloppement et du perfectionm;mcnt ctc la conscience que chacun prend de ses bcsoi11s, de ses foret:s et de ses droits au b:1nquet de l.1nature? « \'oihi bkntôt trois siècles, dit-il, que les mctaphysicicns, philosophes, moralistes, politiques ou autres, discnte11t sur œ qu'on pourrait appeler l'homme s,ms humanitc : Pro/1•111sÎ11e111a/r1c•rt'll/11111. « C..: qui est rècllement, cc qui vit, cc qui existe, c't:st l'homme en sociétc :m::c l'homme (p. 104). « L'homme n'..:st pas scul..:ment un anim:11 sociable, comme <lisa!c11tles anciens; l'homme est encore u11anin,al perfectible. L'homme vit en soci.'.:ti:, ne vit llu'en socit'.:tc, et, de plus, ccttc socictè cst perfcctiblc, et l'homme se perfectionne dans cette société pcrfectionncc. \'oil:i la grandc dccou,·erte moderne, rnilà l:1suprèmc \\:rité Je l.1philosophie (p. 115). JO
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