LA REVt;E SOCIALISTE doctrine. » Pour juger cette opinion, il ne fout pas oublier qu'il a vécu et qu'il écrivait à une pl'.:riot!ede r<'.:actionreligieuse et philosophique. C'est ainsi qu'il fut amené ,1quitter la Revue des deux .\fo11dl's, parce qu'dle ét,1it en train de se transformer en un organe officieux du gouYernemcnt et de l'orthodoxie, pour fonder, :wec Viardot et George Sand, l.i Rei•11ci111lépe11d1111/e, où il se fit remarquer par la viYacité de ses attaques contre la religion catholique et contre l'éclectisme universitaire ( 18.. p). Son int!épent!ance, son culte de la Yérité lui Yalurent de terribles inimitiés, parmi lesquelles celles de Cousin et Proudhon. Il fut en butte aux plaisanteries des petits journau1t et aux quolibets des reactionnaires. Sa supériorit.'.: lui ,·alut surtout d'être incompris et de prêter ic Aanc à l'attaque <le ses a<ln:rsaircs. C'est ainsi qu'il fut plus célèbre par b caricature que par la Yalcur très réelle de son œunc. Toutefois, le soin, l'acharnement qu'on a mis ,1 faire disparaitre ses ccuvres témoignent suffisamment de la cr.iinte qu'il inspira à ses ennemis, les réactionnaires et les rétrogrades de toutes les écoles et de tous les partis. C'est que cc pbilosopbede ln bo11lé fut un grand rivolutio111111ire. Pour lui, la religion, c'est l'idée, c'est la conception commune que les hommes d'une ci,·ilisation se font de leurproprevieetdeschosesdel' 1mivers. L'antiquitl'.: a Yécudes mythes et de l'csclaYagc, des inégalités de familles, de rns!l's, de patrie et de propriété : « L'homme 11011v1•n11, que chacun de nous sent en lui-même, va s'affranchir; nous nous sentons entrainés 1·ers la cité j1tt11re, nous \"Oudrions pénétrer dans l'avenir; mais, pour franchir cc passage, notre esprit a besoin de deux choses : « 1° li a besoin d'embrasser, par un retour rapide et sous une seule et indubitable formule, la Yic antérieure de l'humanité; " 2° Mais une pareille formule n'est pas tout. L'àmc peut être éclairée par l'étude du passe et du présent, au point de concevoir une certaine loi de progn'.:s qui lui fait pressentir l'avenir; mais il n'en résulte pas pour l'âme qu'elle aime à marcher Ycrs cet avenir. Car !':'une s'interroge sur elle-même et se demande quel rapport il y a entre clic et cet a,·cnir de l'humanité qu'elle pressent, si cet aYcnir est lié it son propre avenir. L'àmc, comme Archimcde, demande un point fixe. » Cc point fixe, c'est la croyance commune, c'est le sentiment de la solidarité, c'est la foi dans la perfectibilité humaine, et c'est tout cela . que Pierre Leroux appelle la 1·eligion humanitaire. Ne l'oublions pas, cc dogme de la perfectibilité humaine, cette religion de la solidaritc que nous prêche Pierre Leroux, c'est, au fond, la doctrine de !'Évolution et de l'hérédité biologique, c'est-à-dire la doctrine scientifiq uc cntrcrnc, défendue et proclamcc par cc profond penseur a1·ant les dccouYertes scientifiques dans le domaine de la
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