PIERRE 1.EROCX SOCIAI.JSTE ne meurent pas. Certes, les générations ne s'éteignent pas sans se rcproduin:. L'erreur Yient de cc qu'on ne considère pas cc qu'il faut entendre par société. La sociétL, cc ne sont pas les hom1m:s, les indiYidus qui composent un peuple; c\:st la relation générale d<.: ces hommes entre eux, c'est cet ètr<.: métaphysique, harmonieuse unité formée par la science, l'art et la politique, qui est la société; o:tc'est cet ètn: qui 111c11rl. Alors tout cc qui 1:uit fonction de Yie, tout cc qui concourait et conso:ntait, deYie11t fonction de décomposition et de mort.» (Discoursnu,; Pbi/o.çopbrs, p. 9ï-I01.) '.\'est-c..: pas L\ une belle et complt:tc conception de la Yic.s:ociale.: et de sa loi fomlamentale, la solidarité des membrc.:s composant une société, qui est aussi nécessaire,\ la prospérité de cette société que l'unification harmonicuse des fonctions di,·c.:rses d'un organisme YiYant l'est :i la Yitalité tic cc.:torganisme? ~ul, mic.:uxque Pic.:rrc Leroux, n'a fait ressortir l'utilité, la nécessité de l'accord entre les hommc.:s, de: l'amour de ses sembbbles, de Li fraternité et de l'égaliti: pour le bonheur et la prospérité des nations et de l'humanité tout entièn:. Fils et discipk de notre grande Rérnlution, il ne s'est point enfermé d.111sle cercle trop étroit du nationalisme, il a étendu sa sollicitmk .\ tout le genre humain. C'est L\, d'ailleurs, qu'il faut Yoir l'c.:xplication du caractcn: religieux qu'on a reproché ù sa doctrine. Passant au-dessus des particubrismes n.:ligieux, comme au-dc.:ssus dc.:sparticuL1rismes nationaux ou politiques, il ne: Yoit et ne ,·eut Yoir que l'humanité tout cntierc : ,, Je: traite de: l'humanité, dit-il dans sa préfacc de son Trait<' de /'lm111n11ité. Je.:détrub, par le raisonnement, les idées fantastiques qu'on s'est faites du c1d, t;t je: cherche :\ montrc.:r oit est naimcnt le ciel. Cc.: que je chc.:rche c'est la conciliation entre l.t philosophie mod..:rnc.:et les anciennes religions. Il faudra bien à la fin que les plus awugles sachc.:nt oü est la naie religion, quand nous aurons prou,·é, (cc.: que, pour ma part, j'essaie de faire en et: liHe) que christianisme, mosaïsme.:, toutc.:s les religions positiYcs, se résument en cc grand mot H11111n11itt. » Encore une fois, pour comprcmlre la pensée, l'œuue de Pierre: Leroux, il ne faut pas le juger sur des mots et avec nos idées du jour, il faut chercher :\ s'èleYer à l,1 hauteur de: son esprit, qui saYait enYÏ· sager les choses dans leur ensemble et cherchait, comme il le dit lui-mèmc, « :\ retrouver sous des formes éphémères, transitoires, caduques et irrémissiblement tombées aujourd'hui, l\:sprit des anciennes religions. » Cc.: qu'il Ycut montrer, c'est l'é,·olution des croyances, c'est l'idée modc.:rne en germe dan,s l'antiquité, l'Eyangile dans la Gcnese, la Ré,·olution dans l'fa·angile. « Retrouver les titres de b doctrine moderne l.lc liberté, d'égalité et de fraternité, dans la profondcur dc.:straditions, c'est, croit-il, donner plus d'antorité à cette
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