1'11-RRE l.tllOUX SOCIAUSTE 16 r Rendons-lui donc justice i cc philosophe dt· la /~111/é, de la solidarile, de la justice sociale. Nul n'a mieux incarné en lui l'b11111a,1ilnris111e. C'est lui qui a jeté dans le monde des esprits, ou du moins qui a donné leur sens nouYeau et leur popul.trité pleine d'.11·c11ir,1 la s,>lidnrilé, ,\ l'idù S{lcinl,·. S.111sdoute, ses Oll\·r,1ges sont fortement empreints de l\:sprit de son temps; nous :n-ons de la peine, :\ notre époque, à le sui ne dans ses dissertations rdigicuscs-; on ne trouYc point chez lui les aflirm.nions catégoriques, les intolér,rnccs doctrinaires de nos orthodoxes contemporains. :--I.iis œ n'est point une raison pour méco11nai1.rc les sen·iccs incalcul.tblcs qu'il a rendus,\ la cause des déshérités, ni pour oublier que nul ne fut plus constamment préoccupé des besoins, des souffrances, des déceptions que subit le peuple et de~ maux sans nombre qui accablent cet éternel martyr. « i\l011 bm, dit-il, est de foin: jouir tous les membres de la société, chacun sui,·:mt ses besoins, sa capacité et ses œuncs, du résultat du traYail commun, que cc tr,n-ail soit une idée, une œt,nc d'art ou une production matérielle. » C'est Li solid.1rité dans le tra,·ail. « Encore une fois, dit-il, cc qui produit, cc qui mfaitc, c'est bien le tra,·ail, mais cc n'est pas le tr.n-ail indi,·iducl, c'i:st indi,·isibh:ment le tr,wail de tous et de chacun : en sorte que c'est le tr.l\'ail uni .i l'association humaine, ou plutôt encore l'association humaine manifestée par l'indiYidu, par le tr.n-ail indi,·iduel fonctionnant h:gitinu:mcnt. " Par 1.\ Pierre Leroux semble bien indiquer qu'il a compris le rôle soci,11ou plutôt le rôle socialisant du tr:11·ail. Ainsi cnYisagé, le traYail, en effet, n'est plus simpkmcnt une manifestation de l'acti\"ité humaine à titre indiYiducl, mais une fonction sociale des indiYidus à titre de parties intégrantes de l'organisme social. Pour lui, en effet, la société n'est pas seulement une agglomération d'indi\'idus, elle est un tout, un cnsembk, dont toutes les parties sont solidaires. Rappelant la définition de la \'ic par li ippocr,He, que « dans la \'ic tout concourt, tout consent ", il trouYc que « c'est une des plus profondes définitions qu'on ait encore donnécs <le la Yie; elle s'applique, dit-il, aussi bien à la Yic collcctiYc ou sociale qu',1 la Yic organique de l'indh·idu; clic est vraie de l'être métaphysique sociélé, comme de l'être physiologique qu'on appelle animal; elle est naic, en un mot, que YOus considcricz une plante, un :mimai, une œuvrc d'art, une machine, une socicté ou l'uniYers. » (Discours l, p. 9ï·)
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